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Un film de Benedikt Erlingsson (Islande).

"Des chevaux et des hommes" Sortie en salles le 23 juillet 2014.

"Des chevaux et des hommes" associe plusieurs courts récits concernant des personnages ayant à voir avec les chevaux et appartenant tous à une même communauté rurale en Islande.

Un cavalier dresse une jument. Elle devient toute sa fierté mais un jour, alors qu’il est en selle, un étalon en rut survient et sa jument accepte l’accouplement.
Un sentiment d’extrême jalousie s’empare de l’homme qui se voit contraint d’abattre celle en qui il avait toute sa confiance et faisait "corps avec lui".
Un cavalier et son cheval rejoignent à la nage un chalutier russe stationné au large afin qu’un des membres de l’équipage, passionné de chevaux, puisse, l’espace d’un court moment, chevaucher l’animal sur une plate-forme suspendue.
Un jeune palefrenier égaré au cours d’une tempête de neige est contraint d’abattre sa monture pour survivre. Il vide l’animal de ses entrailles et prend refuge dans son ventre…
Une jeune cavalière fougueuse décide qu’elle ramènera dans l’enclos le groupe de chevaux non dressés qui s’en sont échappés…

"Des chevaux et des hommes" est à sa manière, ce qu’on pourrait appeler un film choral.
Les récits qui le composent mettent en présence des personnages humains récurrents qui se partagent des rôles de différente importance, dans chacune des histoires.
Le cheval est un animal soumis à l’homme dans des proportions très particulières.
Mais l’homme, face au cheval ou à des spécimens de son espèce, se comporte en drôle d’animal.
La jalousie peut le rendre féroce et éveiller en lui des instincts bestiaux, tout comme les rapports de force qui surviennent.
Mais l’amour est également dans ses cordes, l’amitié, la fraternité.
Ce large éventail de sentiments et de comportements existe dans le rapport de l’homme au cheval.

Pour le déroulé de son film, Benedikt Erlingson s’est inspiré du "Decameron" et des "Contes de Canterbury" de Pasolini où plusieurs personnages sont réunis autour du même thème.
Son film dépeint, de façon singulière et originale, comme en léger décalage, un microcosme suggestif et cruel où se détachent des figures féminines et où contrairement aux apparences, règne le matriarcat.
Il évoque la nature humaine et fait le constat que plus les gens sont distants physiquement, plus ils sont curieux les uns des autres, plus ils sont proches, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.
Le cheval occupe la première place dans le film mais, en toile de fond se dessine le contour d’une communauté d’hommes et de femmes dont la personnalité se précise un peu plus à chaque fois, d’une histoire à l’autre.

Un film inattendu. Une curiosité islandaise ? Une parenthèse cinématographique ? Dans tous les cas, un film qui vaut le détour.

Francis Dubois

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