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Un film de Dyana Gaye (France-Belgique-Sénégal)

"Des étoiles" Sortie en salles le 29 janvier 2014.

Sophie, jeune sénégalaise de vingt-deux ans, a quitté Dakar pour rejoindre son mari à Turin. Lorsqu’elle arrive, elle apprend qu’il est allé travailler sur un chantier en France. Elle décide d’attendre son retour. Mais lorsqu’elle apprend incidemment qu’il menait une vie dissolue en Italie et qu’il a embarqué pour New-York, elle décide de rester à Turin auprès d’Ada, membre d’une association qui l’a accueillie et de Vadim, un jeune immigré russe.

Thierno et sa mère qui vivent à New-York ont fait le voyage jusqu’ à Dakar pour les obsèques de leur père et époux.

Thierno découvre Dakar qu’il visite en compagnie d’une de ses cousines.

La tante de Thierno est inquiète car elle a peu de nouvelles de Sophie, sa fille, partie à Turin, rejoindre son époux.

A son arrivée à New-York, Abdoulaye, déçu par l’accueil de son cousin, trouve refuge chez un homme riche qui l’héberge et lui trouve du travail.

Il quittera l’appartement, ne comprenant pas les raisons pour lesquelles cet homme agit si généreusement avec lui.

En 2006, Dyana Gaye avait réalisé " Deweneti" un court métrage prometteur qui reçut le Prix du jury au Festival de Clermont-Ferrand puis en 2010, un moyen métrage "Un transport en commun" qui confirmait son attachement à la ville de Dakar .

En 2012, elle réalise son premier long métrage. Le tournage a lieu dans trois villes : Turin pour l’épisode "Sophie". New-York pour celui d’Abdoulaye et Dakar pour celui de Thierno.

Le récit passe d’une histoire à l’autre avec une légèreté, une fluidité qui donne le ton général du film.

Car, si Dyana Gaye aborde avec "Des étoiles" le sujet douloureux de l’immigration, en évitant le traitement frontalement dramatique, elle évite tous les clichés et du coup, son film, tout en douceur, est d’autant plus efficace pour véhiculer un message politique.

Ses personnages sont traités avec précision et beaucoup de délicatesse. Ils existent dans toute leur réalité dès les premières images et il s’établit entre eux, d’une ville à l’autre, sans qu’ils ne se rencontrent jamais une parenté attachante.

L’empathie qu’ils inspirent, la façon qu’ils ont de faire face à tous les aléas liés à la découverte d’une ville inconnue, dans un pays dont ils ne parlent pas la langue, n’ôtent rien à leur détermination à trouver, ailleurs, le chemin de l’autonomie et de l’indépendance.

Si Sophie, abandonnée par son époux trouve la tendresse manquante auprès de Vadim, si Abdoulaye reprend seul, une autre route, si Thierno, étudiant à New-York retrouve, au cours de son bref séjour à Dakar, ses racines, rien dans le cheminement de ces êtres n’est insistant.

Un très beau film que la délicatesse du traitement ne prive jamais de la gravité du sujet qu’il aborde.

Francis Dubois

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