Actualité théâtrale

Théâtre Nanterre Amandiers, jusqu’au 18 décembre 2011

"Des femmes" Texte de Sophocle, traduction Robert Davreu, mise en scène Wajdi Mouawab

La collaboration entre Wajdi Mouawab et le poète Robert Davreu, pour la traduction des textes, portera au final, sur sept tragédies de Sophocle : "Ajax", "Antigone", "Œdipe roi", "Electre", "Les trachiniennes", "Hiloctère", "Oedipe à Colone".
Trois d’entre elles, jouées au dernier Festival d’Avignon, sont actuellement au programme de la grande salle du Théâtre Nanterre-Amandiers.
Nourri pour ses propres textes par le Théâtre de Sophocle, le metteur en scène Libano- québécois a décidé, entouré d’une équipe franco-québécoise, de remonter à la source et de consacrer dans un premier temps son travail aux grandes héroïnes.
Qu’elles abordent le désespoir de Déjanire en amour, le désir de vengeance d’Electre au sein de sa famille ou le désir de justice d’Antigone, les mises en scène de Wajdi Mouawab enchantent par leur simplicité, leur limpidité, par l’évidence des choix et partis-pris et par leur efficacité...
Le plaisir du spectateur repose sur plusieurs points.
La qualité de la traduction des textes, libre, vivante, offrant une lecture non seulement limpide mais parfaitement équilibrée, entre une sorte de familiarité presque "quotidienne" et le respect de fond de la langue originelle.
Un décor d’une totale sobriété utilisé tel quel ou parfois prétexte à de modestes et courtes machineries.
La magnifique mise en musique des textes par Bertrand Cantat, Bernard Falaise, Pascal Humbert et Alexander MacSween soutenus par des voix superbes et une batterie aux interventions contrastées mais toujours justifiées et bien venues.
Certaines libertés dans la mise en scène pourront surprendre les puristes mais rien n’étant jamais provocateur, ce qui surprend par sa hardiesse reste dans le cadre d’une sorte de modestie. Et on redécouvre que rien comme la modestie, la simplicité, l’humilité presque, ne conviennent pour respecter les grands textes, surtout quand ils ont été, comme c’est le cas ici, si magnifiquement et si intelligemment revisités.
Il faut saluer le travail d’ Isabelle Larivière qui a su créer des costumes à la fois neutres et superbes, toujours dans une même tonalité d’un mélange de hardiesse et de retenue.
Il faudrait saluer chacun des comédiens, chacun des musiciens, Wajdi Mouawad, Robert Davreu, les costumes, les lumières, de s’être réunis pour nous offrir un si beau moment de théâtre.
Les mardis, mercredis, jeudis, les trois pièces sont jouées séparément et les vendredis, samedis, dimanches en "intégrale".
Francis Dubois

Théâtre Nanterre-Amandiers
7 avenue Pablo Picasso
92022 Nanterre
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 46 14 70 00
www.nanterre-amandiers.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Mélancolie(s) »
    La pièce commence au printemps, au milieu d’une journée magnifique. Le temps est à la fête pour l’anniversaire de Sacha qui est entourée de son mari qu’elle n’aime plus comme avant, d’Olympe sa sœur... Lire la suite (9 décembre)
  • « La fuite ! » Comédie en huit songes de Mikhaïl Boulgakov.
    1920. Les « Russes blancs » sont aux abois. La guerre civile qui a suivi la révolution bolchevique s’est finie en échec. Il ne reste plus à cette population que de fuir et d’aller trouver refuge en... Lire la suite (4 décembre)
  • « Le voyage de D. Cholb »
    En 2013, le comédien, metteur en scène et auteur Bernard Bloch, juif athée de gauche affligé par l’état des relations israélo-palestiniennes, décide de passer quelques jours en Cisjordanie avant d’aller... Lire la suite (3 décembre)
  • « Maîtres anciens »
    On connaît l’art de Thomas Bernhard pour dire sa haine de l’État catholique autrichien et des Autrichiens. Dans son roman Maîtres anciens, qu’adapte et joue seul en scène Nicolas Bouchaud, un... Lire la suite (1er décembre)
  • « Festen »
    Cyril Teste s’est emparé du scénario du film de Thomas Vinterberg, l’a adapté pour le théâtre, sans le trahir en laissant intacte la charge émotionnelle du film. Quand la pièce commence, la salle est... Lire la suite (29 novembre)