Actualité théâtrale

Studio des Champs-Élysées, jusqu’au 18 novembre 2012

"Des fleurs pour Algernon" d’après l’œuvre de Daniel Keyes - mise en scène d’Anne Kessler

Algernon est le nom d’une souris blanche de laboratoire. Charlie Gordon, celui d’un homme simplet de 33 ans qui a l’âge mental d’un enfant de six ans.
Tous deux vont bénéficier des travaux de recherche conjugués du docteur Strauss et du Professeur Nemur et trouver le chemin de l’intelligence.
Après une opération du cerveau réussie, Charlie va faire très vite des progrès spectaculaires, devenir savant dans tous les domaines qu’il aborde, et dépasser en découvertes les plus éminents chercheurs, les plus grands mathématiciens…
Mais les premiers signes de déclin qui se manifestent d’abord chez Algernon, touchent bientôt Charlie qui va être le spectateur conscient de sa lente régression.
Pour lui, le plus dur est à venir. Il retrouvera bientôt son état initial, le nécessité de retourner à l’usine pour y assurer les plus basses besognes.
Charlie, au nom de quelle amitié, va offrir une sépulture à Algernon, fleurir régulièrement sa "tombe" et retrouver l’amitié chaleureuse de ses collègues de travail. Il suffira de cela pour son nouveau bonheur.

© ARTCOMART

Seul en scène pendant près d’une heure trente, Grégory Gadebois joue Charlie Gordon avec humour et sensibilité, gravité ou savoureuse espièglerie.
Installé dans un fauteuil d’une grande mobilité, il est cet homme simple dont les limites mentales gênent à la fois la gestuelle et l’élocution.
Il est dans un second temps, celui qui assiste à l’ouverture de son esprit et découvre le champ immense de ses nouvelles possibilités intellectuelles. Son visage s’illumine et on le voit pénétrer avec émerveillement tous les domaines, franchir chacune des portes qui s’ouvrent à lui, avec la simplicité qui l’a toujours caractérisé.
Grégory Gadebois ne fait pas du personnage de Charlie Gordon, une performance d’acteur. Il garde une modestie, une sorte de prudence de jeu qui sert autant la période de l’apogée que celle du déclin.
La difficulté du spectacle était dans le rendu de la durée. Anne Kessler utilise en toute simplicité le noir, la légère rupture de ton et le déplacement à chaque fois du fauteuil roulant.
Le talent de Grégory Gadebois fait le reste.
Rien ici n’est larmoyant, Nulle complaisance et l’humeur égale de Charlie Gordon, sa façon de prendre la vie comme elle vient, garde au personnage sa dignité.
Un beau moment de théâtre à recommander.
Francis Dubois

Studio des Champs-Élysées
15 avenue Marceau
75 008 Paris
Réservation : se réclamer du Snes et de cet article car demande de partenariat Réduc’snes en cours : 01 53 23 99 10
www.studiodeschampselysées.com

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