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Un film de Nolwenn Lemesle (France)

"Des morceaux de moi" Sortie en salles le 13 février 2013

Depuis qu’on lui a offert une caméra, Erell, une adolescente de quinze ans filme tout, tout le temps.

Sa vie de famille avec un père lunaire et dépassé par les événements, une mère dépressive qui traîne en chaussons à longueur de journée, une sœur qui a disparu depuis plus de quatre ans et qui débarque un beau jour, sans crier gare, avec armes et bagages, au bras d’un jeune époux et enceinte de plusieurs mois.

Ses amis qui comptent beaucoup pour elle, Gabin, Javier et le Majeur pour qui elle est une sorte de sœur, peut-être le pilier de la bande avec qui elle traîne, fume, refait le monde et tue le temps.

Pour s’y retrouver dans le méli-mélo familial, porter à bout de bras son entourage, Erell a une stratégie : elle vit sa vie par petits morceaux, par bribes, peut-être avec l’espoir inconscient que tous ces morceaux d’elle-même qu’elle immortalise avec sa caméra vont un jour se coller les uns aux autres et la conduire au vrai motif de sa vie.

Erell a du répondant. Elle ne manque ni de courage, ni de volonté ni d’audace et c’est en partie grâce à elle que les mondes familial et amical, tiennent debout, trouvent une stabilité.

Il est probable, qu’avec son goût de tout filmer, Erell soit la réplique de Nolwenn Lemesle dont " Des morceaux de moi" est le premier film.

Ce personnage à qui la très jeune comédienne Adèle Exarchopoulos, apporte avec la part d’innocence qui reste à ceux qui n’ont pas froid aux yeux, une justesse, une sensibilité, troublantes, mêlant magnifiquement la fragilité de l’âge et le potentiel charismatique qui s’annonce.

Elle est à la fois le personnage sur lequel repose le récit et la comédienne sans qui le film

n’aurait pas cette force qu’elle lui insuffle de bout en bout.

La mère, parfaitement interprétée par Zabou Breitman et Tchéky Karyo très convaincant en père dont la personnalité se dilue entre autorité faiblarde et la difficulté à trouver sa place dans un fonctionnement familial tâtonnant.

Il aurait fallu que Nolwenn maîtrise de façon plus convaincante la structure de son film basée sur l’éparpillement du récit, directement liée aux humeurs fluctuantes d’ Erell, à son énergie mais aussi à sa paresse ou à ses moments de doute.

Le fonctionnement un peu décousu du film est rattrapé par l’interprétation de la jeune comédienne et par quelques moments étincelants.

On peut voir ce premier film ne serait-ce que pour être le témoin des premiers pas d’une comédiennes qui pourrait bien aller (très) loin !

Francis Dubois

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