Lectures : littérature, poésie, polars, essais, revues

Le coin du polar (3)

Deux classiques réédités « Le cercle celtique » et « Touchez pas au grisbi »

Folio Policier a eu la bonne idée de remettre à la disposition des lect(rice)eurs des romans policiers dits « culte » - c’est le titre générique de ces rééditions.

Deux sont disponibles avec une présentation inédite d’un autre auteur de polar.

« Le cercle celtique » bénéficie ainsi d’une sorte d’introduction de Heinrich Steinfest, auteur notamment de « Requins d’eau douce », polar parodique qui ne parle pas à un lecteur français. Il s’interroge sur les raisons de la capacité d’innovation du roman policier et du polar. Il pense qu’elle se trouve dans la nécessité d’être lu par le plus grand nombre, « de faire populaire ». Mais pas populiste… Intelligemment, au lieu d’expliquer l’intrigue, il rajoute un peu de mystère. Pour obliger le lecteur à aller lire. Il ne regrettera pas le voyage. Partir sur un voilier est risqué. Il faut suivre des consignes que donne l’auteur, Björn Larsson, professeur de littérature française dans le civil. Il saura pourquoi il ne faut jamais prendre le morceau de pain brûlé.

« Touchez pas au grisbi » est sans doute plus connu des lecteurs francophones, surtout par l’intermédiaire du film. Patrick Pécherot, né en 1953 au moment où paraît ce roman dans la Série Noire, auteur d’une trilogie sur le Paris de l’entre deux guerres, brosse le tableau de ce milieu des années 1950 où les truands ont une langue spécifique, un argot construit dans les faubourgs parisiens. Albert Simonin a alors près de cinquante ans et sa carrière commence au moment où celle de ses héros truands s’achève. Michel Audiard, dans ses dialogues pour le cinéma, saura s’inspirer de ce langage imagé qui a disparu avec la mémoire de la Capitale.

Ce livre là est plus qu’un roman policier, c’est une balise du passé, de ce passé qu’il faut connaître pour le dépasser.

Lire « Touchez pas au grisbi », c’est se plonger dans l’Histoire de Paris.

Nicolas Béniès.

« Le cercle celtique », Björn Larsson, traduit par Christine Hammarstrand, présenté par Heinrich Steinfest, traduit par Corinna Gepner ; « Touchez pas au grisbi », Albert Simonin, présenté par Patrick Pécherot, Folio Policier, « Polar Culte » .

Autres articles de la rubrique Lectures : littérature, poésie, polars, essais, revues

  • « La pénitence des damnés », « La nuit du porte-lumière »
    Peter Tremayne – Peter Berresford Ellis pour l’état civil – possède un don, celui de nous faire vivre au rythme de l’Irlande de 671 partagé entre traditions païennes et la loi de Rome qui cherche à... Lire la suite (20 juin)
  • « Sécurité », Gina Wohlsdorf
    Un hôtel, Santa Barbara, la côte Ouest des États-Unis, le Pacifique, le luxe suffocant, un système de sécurité dernier cri, des histoires d’amour, de morts, de conflits entre les employé-e-s et, soudain... Lire la suite (20 juin)
  • « Claude Debussy », Philippe Cassard
    2018, centenaire de la mort de Claude Debussy, né en 1862, peu fêté sinon le 25 mars jour de la mort du compositeur. Il meurt trop tôt à son gré. Il aurait pu dire, comme Maurice Ravel, « j’ai encore... Lire la suite (12 avril)
  • Qui est Hughes Panassié ?
    Hugues Panassié, un des premiers critiques et discographe du jazz a suscité émois, idolâtrie et rejets. Il a souvent été présenté – je l’ai fait dans « Le souffle de la liberté » - comme « collaborateur »... Lire la suite (11 avril)
  • « La prière de l’assassin », Ariana Franklin
    Ariana Franklin, l’auteure de cette série qui met en scène la médecin de Palerme, Adelia, désormais au service du roi anglais Henri II Plantagenet, nous a quittés en 2011 mais son héroïne vit toujours... Lire la suite (5 avril)