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Un film de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt (Portugal-France-Brésil)

« Diamantino » Sortie en salles le 28 novembre 2018.

Si Diamantino est l’icône planétaire incontestée du football, c’est aussi un être doux et candide. Jusqu’au jour où, en pleine Coupe du Monde, ayant négligé le ballon le temps de se laisser bercer par des images magiques qui lui apparaissent, son génie l’abandonne.

Sa carrière est immédiatement stoppée et le problème qui se pose à ce dorénavant ex-héros flamboyant, c’est qu’il ne connaît rien d’autre que le football.

La star déchue devient l’objet de la risée nationale et du même coup, la proie facile d’une foule de solliciteurs.

Misant sur son ancien prestige et profitant de son extrême candeur, ceux-ci, sans vergogne l’embarquent dans des péripéties qui mutent en odyssée.

Il est la victime d’une conspiration familiale de la part de ses deux sœurs qui n’en veulent qu’à sa fortune, de manipulations génétiques délirantes, d’une récupération de la part d’un mouvement d’extrême-droite. Au milieu de cet imbroglio dans lequel il navigue à vue, Diamantino va pourtant savoir reconnaître l’amour, le vrai.

Cinéma : Diamantino

Le film de Gabriel Abrandes et Daniel Schmidt est à la fois un mashup de science fiction, une comédie fantastique, une comédie romantique, un film d’horreur, un polar, un conte de fée pour adultes se déroulant dans un pays imaginaire.

Pourtant le film traite de nombreux sujets d’actualité : blanchiment d’argent, clonage de star, machinations fascistes, trahison familiale. Mais également de la crise des réfugiés, des Panama Papers et de la montée de l’extrême-droite.

Le tout, vu à travers le regard innocent de Diamantino, trouve une cohérence et c’est le point de vue qui permet de former un tout.

Le film est une sorte de corne d’abondance visuelle, dense, énorme et contradictoire avec une image qui mêle le cinémascope hollywoodien au 16mm granuleux.

C’est aussi une anarchie de références au Roman-photo, a Iron Man, Terence Malick, aux comédies américaines ou à Robert Bresson auquel peut renvoyer le personnage principal simple, iconique et charismatique de Balthazar.

Une œuvre très originale par son sujet, les différents genres cinématographique qu’il adopte, par sa construction, par son interprétation libre et déjantée, par son apparente fantaisie contrastant avec la gravité des sujets lisibles en toile de fond.

Francis Dubois

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