Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Fabien Gorgeart (France)

« Diane a les épaules » Sortie en salles le 15 novembre 2017.

Diane est une trentenaire dans « l’air du temps » qui a du mal à s’engager dans l’avenir.

En attendant de satisfaire sa famille qui a hâte de la voir se « fixer » enfin, elle a accepté de porter l’enfant de Thomas et Jacques, un couple qui compte parmi ses meilleurs amis.

C’est alors que la grossesse est engagée, qu’elle rencontre Fabrizio et tombe amoureuse. Les circonstances pour vivre une passion naissante ne sont pas vraiment idéales...

Cinéma : Diane a les épaules

Le film de Fabien Gorgeart ne traite pas le sujet de la GPA. Mieux que cela, il l’incorpore au déroulement naturel d’un récit et mieux encore d’une comédie dont la gravité et la légèreté apportent un vrai support à l’approche d’une époque où les territoires se redessinent au sein du couple, de la filiation, de l’appartenance au masculin ou au féminin ; où l’identité sexuelle n’est plus réduite aux catégories biologiques et où les rapports de filiation s’affranchissent du modèle parental dit traditionnel...

Une comédie était le moyen d’aborder ces sujets sans se positionner, en les abordant sans la moindre insistance...

Et cette situation de départ « idéale » en apparence, expose des personnages très contemporains à des dilemmes et des états émotionnels inédits.

Sur ce canevas romanesque en mode comédie, Fabien Gorgeart a créé un personnage de femme qui se dessine à travers la notion du don.

La décision de Diane, inconséquente presque ludique au départ, va ressembler de plus en plus à une mission avec tout ce que cela supposera d’abnégation et de renoncement.

Et c’est pour souligner cette évolution qu’il était important d’inscrire sur l’écran, comme une énumération de chapitres, le décompte des mois de grossesse jusqu’au vide de la mélancolie où se mêlent chez la jeune femme, un soulagement mais aussi la joie douloureuse d’avoir accompli quelque chose de surnaturel.

Pour mener tambour battant cette comédie d’un bout à l’autre savoureuse, Fabien Gorgeat a eu la bonne idée de confier le rôle de Diane à Clothilde Hesme, une de ces comédiennes du cinéma français qu’on redécouvre à chacune de ses prestations et qui ici, explose en prenant à bras le corps une partition « sur mesures »

Pourquoi le public français boude-t-il ce type de comédie ? On pense à l’échec public de «  Maman a tort » de Marc Fitoussi, au délectable «  Petit locataire » de Nadège Loiseau ou plus récemment à «  Ôtez moi d’un doute  » de Carine Tardieu.

Ce sont des comédies tout à l’honneur du cinéma français mais plus souriantes que rigolardes et qui doublent (et c’est peut-être là leur tort) la démarche de comédie de vrais sujets de réflexion (la découverte pour une ado du monde perverti des adultes, la filiation ou les maternités tardives pour les autres) .

Peut-être qu’en France la comédie n’a d’autres choix que d’être franchouillarde ou beauf si elle veut rameuter le public.

Il faudrait laisser pour un moment de côté les Dany Boon et autres Oteniente et donner leurs chances d’exister à ces comédies fines, intelligentes, bien interprétées, bien construites et... drôles

Essayer « Diane a les épaules  », ce serait à coup sûr l’adopter !

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les misérables »
    Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, prend ses fonctions au sein de la brigade anti-criminalité de Montfermeil, dans le 93, un secteur réputé sensible de la banlieue parisienne. Il rencontre ses... Lire la suite (16 novembre)
  • « Zibilla ou la vie zébrée »
    Zibilla est une jeune zèbre qui a été adoptée par des parents chevaux. Dans l’école où elle va et où tous les élèves sont des enfants chevaux, ses rayures sont sujet à de constantes moqueries. Si bien... Lire la suite (12 novembre)
  • « J’aimerais qu’il reste quelque chose »
    « J’aimerais qu’il reste quelque chose », c’est la phrase que prononce une donatrice sans descendant qui vient déposer des documents personnels relatifs à la Shoah dont elle est en possession et qui n’a... Lire la suite (12 novembre)
  • « Le bel été »
    Amed, Mohamed et Wally, réfugiés de Guinée et du Mali ont été recueillis par Robert, Simon et Sophie dans leur maison du bord de la Manche, siège de l’association « des lits solidaires » Ils vont... Lire la suite (11 novembre)
  • « Rendre la justice »
    En France, l’appareil juridique apparaît le plus souvent comme une machine infernale, opaque, mystérieuse, impersonnelle à laquelle il vaut mieux ne pas avoir à faire, qu’il vaut mieux ne pas... Lire la suite (9 novembre)