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Un film de Everardo Gout (Mexique-France)

"Dias de Gracia" Sortie en salles le 13 juin 2012

Durant les 30 jours que dure la coupe du monde de football tous les quatre ans, de nombreux pays, sous l’effet de la force soporifique de l’événement, oublient que pendant ce temps, le monde continue à tourner.

D’autres exploitent le vide que crée l’événement pour commettre sans grand risque, les pires exactions.

Au Mexique, tout le monde suit les matchs et les criminels comme les policiers contribuent à la plongée du pays et de la ville de Mexico, en particulier, dans des dérives de violence, la multiplication d’actes répréhensibles de toutes sortes.

Pour Everardo Gout qui a passé quatre années à enquêter sur la criminalité à Mexico, la vie dans le pays, rendue incertaine par l’instabilité où elle est plongée et la menace quotidienne du crime, souffre d’une sorte de cicatrice jamais refermée.

Le scénario de "Dias de Gracia" a été nourri de ses interrogations et de ses peurs. Peur de la violence qui sévit en général, peur que cette violence ne l’atteigne un jour de près en touchant un proche, que l’un des siens soit kidnappé et torturé.

Et dans ce cas, le pire est-il d’être dedans, le prisonnier livré à une aveugle cruauté, ou dehors, impuissant, privé de solutions pour venir en aide à l’autre, avec comme seul recours, le soutien de représentants de la loi le plus souvent corrompus.

Lupe est un jeune policier intègre, sympathique et courageux. Pourtant, malgré ses convictions, il va être, bien malgré lui, plongé dans une corruption qui le dépasse. La lente dérive où il va être entraîné le conduira, avec l’assassinat de son épouse et l’enlèvement de son enfant, sur les chemins risqués de la vengeance.

Alors que la coupe du monde passionne le pays, un homme riche est kidnappé avec demande de rançon. Mais l’argent dont devrait disposer son épouse pour obtenir sa libération n’est pas disponible. Cette femme déterminée à sauver son mari, plongée dans des complications financières et familiales inextricables va, au fil de ses démarches, découvrir que l’homme avec lequel elle partageait sa vie, lui a menti à peu près sur tout.

Sa détermination à le sauver passera les obstacles de la trahison et du mensonge.

Elle se battra de toutes ses forces pendant que son mari parviendra à établir, grâce à une complicité venue d’un intérêt commun pour l’événement sportif, des liens d’amitié avec son jeune gardien qui n’est autre que le frère de la jeune femme qui travaille au service de la famille de l’otage

Ces segments apparemment éclatés qui constituent les trois histoires, celle du jeune policier, celle de l’otage et celle de sa femme, ont pour contexte les trois dernières coupes de football Malgré les différences d’atmosphère, les récits se recoupent et forment un ensemble cohérent.

Si le film d’ Everardo Gout rend bien compte de la violence qui ensanglante le quotidien dans des pays où la corruption domine, il garde le cap contre vents et marée et restitue, au cœur de la tourmente, la part d’humanité qui peut résister à tous les débordements dictés par le plus noir de l’âme humaine.

Francis Dubois

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