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Un film de Louis-Julien Petit (France)

"Discount" Sortie en salles le 21 janvier 2015.

Pour s’élever contre la mise en place de caisses automatiques qui vont menacer leur poste, cinq employés d’un Hard Discount créent clandestinement leur propre "Discount alternatif" en détournant les produits retirés de la vente et voués à la destruction par javellisation.

Bien que le magasin improvisé soit ouvert à une heure très matinale, il est chaque jour, pris d’assaut par une clientèle aux prises avec des difficultés financières.

Qu’en sera-t-il au final de leur projet et de leur détermination à mener ce qu’ils considèrent comme un acte de résistance citoyenne ?

Cinéma : discount

Le projet de " Discount" est né d’un fait divers datant de 2011 qui avait défrayé la chronique : la caissière d’un hypermarché avait été accusée de vol par sa hiérarchie pour avoir utilisé un ticket de promotion oublié (délaissé) par un client.

Il a été renforcé par la rencontre de Louis -Julien Petit avec cette femme victime d’une injustice flagrante et par la découverte de l’élan de solidarité dont elle avait fait l’objet.

Un entretien avec elle l’a poussé à se documenter sur les conditions de travail du personnel des hypermarchés et sur la destruction par javellisation de produits qui, en dépit de la date de préemption figurant sur les emballages, restent longtemps encore propres à la consommation et qui pourraient, au lieu d’être détruits, fournir des banques alimentaires et grossir les moyens d’ associations qui interviennent auprès des plus démunis.

Le film de Louis-Julien Petit fait la lumière sur des personnages amenés à se battre pour un projet qui, s’il franchit la ligne de la légalité, leur permet de leur point de vue de garder une certaine dignité et une estime de soi.

Il est également un documentaire sur les conditions de travail du personnel de caisses des grandes surfaces auquel on impose des règles quasiment carcérales, une pression constante sur la rentabilité de leur travail débouchant sur une rivalité entre les employés puisque les temps chronométrés sont pris en compte en cas de licenciement. Fouilles au corps, présence de vigiles, autoritarisme des petits chefs, caméras de vidéo- surveillance : un protocole strict et à moins de cinquante employés, l’impossibilité de créer un syndicat en interne.

La présence dans certains cas d’une pancarte affichant le sigle SBAM rappelant au personnel qu’ils doivent se plier à quatre règles essentielles vis-à-vis de la clientèle : Sourire, dire Bonjour, Au-revoir et Merci.

Infantilisation, nouvelle forme d’esclavagisme, le film révèle la déshumanisation de notre société et un gaspillage consenti qui fait partie intégrante du jeu de notre société de consommation obtuse.

" Discount " est un film généreux, un hymne à la solidarité et même si parfois le récit s’étire ou se répète, on ne peut que reconnaître la nécessité et l’urgence de son message, de ce qu’il révèle sur des êtres qu’on ne fait que croiser.

La distribution est parfaite avec, en tête, une Corinne Masiéro toujours aussi épatante en marginale meurtrie.

Francis Dubois

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