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Un film de Pietro Germi (Italie 1961)

"Divorce à l’italienne" sortie en salles le 8 juillet

Les années 60-70 ont été celles de l’âge d’or du cinéma italien. Les noms prestigieux de Marco Ferreri, Dino Risi, Alberto Latuada, Rosi, Monicelli, Bolognini, associés à ceux des comédiens, Marcello Mastroiani, Alberto Sordi, Vittorio Gasmann, Sophia Loren ou Stefania Sandrelli… ont figuré à de multiples reprises à l’affiche de comédies grinçantes, féroces, drôles et insolentes, qui ne craignaient ni l’excès du trait ni la caricature, qui ne s’interdisaient pas, à l’occasion, de l’émotion, et s’autorisaient à malmener sans trop de précautions, les règles de la bonne morale.
"Divorce à l’italienne" qui date de1961 est une comédie sociale sur un fond d’amertume et le talentueux dosage du rire et de la gravité donne une des plus belles réussites cinématographiques de l’époque.
Ferdinando Cefalu est marié à Rosalia qu’il n’aime plus depuis qu’il est tombé sous le charme de sa jeune cousine Angela, laquelle n’est pas insensible à sa séduisante nonchalance. Mais le divorce est illégal en Italie et il faut trouver d’autres moyens pour pouvoir convoler en secondes noces. Le projet qui vient à l’esprit de Ferdinando et qu’il met à exécution consiste à pousser sa femme dans les bras d’un autre homme, à la surprendre au bon moment et à commettre un crime passionnel qui bénéficiera au procès, de l’indulgence du tribunal…
Derrière la comédie, la drôlerie des situations, la drôlerie des portraits conduits à la limite de la caricature apparaît l’hypocrisie des carcans sur laquelle la bonne société assoit sa morale de façade. Le divorce est interdit mais l’article 587 du code pénal accorde une réduction de peine à celui des conjoints qui tue l’autre si celui-ci a manqué aux règles de la fidélité conjugale.
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Pour aborder la comédie, Pietro Germi a choisi ce sujet. Il l’a exploité jusqu’à l’excès sans que le comique de certaines situations n’altère la part de gravité du propos. Il a enlaidi Daniela Rocca pour en faire une insupportable matrone qu’il ravit à la sympathie du spectateur. Il a gominé Marcello Mastroiani et lui a conservé, derrière la démarche fatiguée, la paupière lourde et ses yeux de chien battu, une élégance intacte de gentilhomme sicilien légèrement décadent…
"Divorce à l’Italienne" n’a pas pris une ride. C’est resté une comédie drôle, efficace, vacharde qui fait un pied de nez au conformisme et où la morale n’est surtout pas sauve.
Francis Dubois

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