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Un film d’Etienne Comar (France)

« Django » Sortie en salles le 26 avril 2017

A Paris, en 1943, sous l’Occupation, le musicien Django Reinhardt est au sommet de son art.

Guitariste génial et homme insouciant au style musical aérien, il triomphe dans les grandes salles alors qu’en Europe, les tziganes sont persécutés.

Un problème va se poser à lui lorsque la propagande nazie veut lui imposer d’aller donner une série de concerts en Allemagne.

C’est un étrange destin que celui de ce jeune tzigane né dans la zone à la périphérie de Paris, qu’on allait voir bientôt se produire sur les scènes les plus prestigieuses, de l’Olympia au Palladium de Londres, de la Salle Pleyel au Carnegie Hall de New-York et qui sera célébré entre autres par les poètes Pierre Reverdi, Anna de Noailles ou Jean Cocteau...

Cinéma : Django

Etienne Comar pour qui la musique est un élément important de la vie s’est souvenu que son père, qui était un grand admirateur de Django Reinhardt, lui avait raconté que, pendant la guerre, sa musique lui faisait oublier l’occupation allemande le temps d’un disque ou d’une soirée de danse.

Or, le réalisateur, depuis longtemps, avait l’idée de faire le portrait d’un musicien pris dans une tourmente de l’histoire.

L’idée est née de se plonger dans la vie du musicien tzigane.

Et il a réalisé sur ce sujet une grande fresque intimiste avec tout ce que ce choix paradoxal peut présenter de qualités et de faiblesses.

Etienne Comar avait deux exigences : ne pas faire un biopic qui survolerait toute la vie de l’artiste et au lieu de cela, trouver le bon axe du récit.

Le film se concentre sur les années d’occupation. Django Reinhardt, connaît alors un succès considérable et semble ignorer que le swing est officiellement banni et que les communautés tziganes sont persécutées dans toute l’Europe.

C’est un épisode peu connu de la vie du musicien dont on a toujours préféré privilégier la période qui suit, son départ aux États-Unis ou celle qui a précédé, l’incendie de sa roulotte au cours duquel il a perdu deux doigts ou encore celle de ses duos avec Stéphane Grappelli.

Le choix de situer le récit de l’été 1943 jusqu’à la libération permet de faire la lumière sur l’aveuglement musical de Django Reinhardt pour qui, comme pour tous les tziganes, cette guerre n’est pas la leur, et d’enchaîner sur sa progressive prise de conscience dès le moment où il se trouve sollicité par les autorités nazies pour aller donner des concerts en Allemagne.

Le film est basé sur des faits réels - Django à Paris, le départ et l’attente à Thonon-les Bains, la soirée à Amphion, l’évasion en Suisse, la composition du requiem- mais la façon dont sont tissés ces éléments relève de la fiction.

Sur un sujet de départ bien trouvé, Etienne Comar a réalisé un film inégal, qui, pour viser le grand public, se compromet parfois dans des facilités, des maladresses ou des audaces hasardeuses.

Le grand bonheur du film repose sur le choix de Reda Kateb, interprète du rôle titre. Il y a chez « son » Django Reinhardt bourré de contradictions, ce mélange de douceur et d’insolence, ce flegme et cette vivacité dont on imagine qu’ils étaient dans le comportement du modèle même si les documents de référence sont rares : mis à part ses disques, on ne dispose que de trois cents photos et deux minutes de film.

Les qualités de «  Django » reposent également sur le choix d’Etienne Comar d’avoir sélectionné des personnes réellement issues de la communauté tzigane pour les seconds rôles. Il se dégage de leur présence une authenticité qui ne trompe pas même si la vieille dame qui interprète la mère du musicien en fait parfois beaucoup.

Une des faiblesse du film concerne Louise de Clerk, la maîtresse de Django. L’idée d’en faire une imitation des stars de l’époque était risquée. Et même si Cécile de France, par son jeu subtil, tente de sauver le personnage, il engendre à lui seul tous les clichés auquel le film avait échappé.

A ajouter à l’actif du film, le plaisir de l’œil : l’image est belle, les lumières soignées, les décors magnifiques...

Francis Dubois

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