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Un film de Yvan Attal (France)

"Do not disturb" Sortie en salles le 3 octobre 2012

La metteuse en scène Lynn Shelton réalisa en 2009, " Humpday", qui fut sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes cette même année, et qui obtint le Prix de la révélation Cartier au Festival de Deauville.

La critique presque unanime salua la sortie de " Humpday".

Les droits du film ont été rachetés par les producteurs d’UGC qui ont mis le projet en réserve en attendant de trouver le duo d’acteurs qui pourraient, dans un remake français, interpréter ces amis d’adolescence qui, après une longue période de séparation, se retrouvent embarqués dans la réalisation d’une œuvre artistique où deux hétérosexuels relèvent le défi, pour la beauté de l’Art, de jouer une scène d’amour entre hommes.

L’immense succès public d’ "Intouchables" a donné aux producteurs l’idée de proposer le rôle de Jeff, l’aventurier de l’histoire, à François Cluzet, acteur " bancable" s’il en est, du cinéma français. Ils ont pensé à Yvan Attal pour réaliser le film, les deux comédies qu’il avait mises en scène, "Ma femme est une actrice" et " Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants", bien que d’assez médiocre facture, ayant connu un succès public.

Et pour jouer Ben, le sédentaire un peu timoré, à Yvan Attal lui-même.

Le récit est repris tel que l’avait travaillé Lynn Shelton, trois années auparavant à ce détail près que le rôle féminin, assuré par Laetitia Casta, a été étoffé.


Jeff débarque en pleine nuit chez Ben au moment où avec sa femme en période d’ovulation, ils tentent de faire l’enfant qu’ils désirent avoir.

L’accouplement est interrompu avec l’apparition de Jeff qui n’a pas d’autre endroit où poser ses sacs, et la fécondation souhaitée, remise aux calendes grecques.

Les deux amis (ils se sont connus au cours de leurs études aux Beaux-Arts) se retrouvent le lendemain dans une fête où fourmillent des adeptes de "Hump" un festival de films pornos amateurs réalisés dans une optique artistique novatrice. L’idée de la scène d’amour entre deux hétéros séduit et l’alcool aidant, Jeff et Ben retiennent sur le champ, pour la nuit suivante, une chambre d’hôtel dans un Sofitel où ils n’auront plus qu’à se filmer au cours de leurs ébats.

Mais qu’en sera-t-il du projet lorsqu’ils seront dégrisés ?

Le film repose sur la recette parfois réussie du duo d’acteurs. Et, comme si les noms de Cluzet et d’Attal ne suffisaient pas à garantir le succès escompté, on charge le casting avec d’autres poids lourds du cinéma : Charlotte Gainsbourg et Asia Argento en couple sulfureux de lesbiennes avec enfant, Laetitia Casta en future mère frustrée et, en participation, pour la scène clou du film, la seule vraiment réussie, Joe Star.

Il est peu probable que ce soit la surcharge de l’affiche qui fasse tanguer l’embarcation.

C’est plutôt la réalisation hasardeuse qui ne trouve presque jamais le ton de la comédie qui aurait convenu, une veine que Lynn Shelton, elle, avait trouvée….

Est-ce Yvan Attal qui s’est empêtré aux manettes et qui filme sans légèreté avec une application scolaire ce qui devrait être irrésistible ? Est-ce le duo qui ne fonctionne pas et qui, en dépit de tous les efforts des interprètes pour être drôles, laisse filer les répliques sans arriver à faire rire ou sourire ? Sont-ce les scénaristes qui ont trop misé sur le potentiel irrésistible de l’histoire ?

Le résultat est que le film patauge, que le nœud de l’intrigue fait du sur-place, que ce qui aurait dû être sulfureux n’est qu’anecdotique et ce qui aurait dû être drôle reste à la traîne.

La poésie de la vieille amitié inaltérable ne fonctionne pas mieux sauf quand Yvan Attal tente, avec la scène dans la cellule de dégrisement et le voisinage chantant de Joe Star, interprétant "Paroles, paroles" succès de Dalida, une séquence d’un autre ton.

" Do not disturb" fera peut-être un succès public à cause des noms figurant au générique mais il n’apportera pas le moindre titre de gloire à la comédie à la française et l’on saura que si François Cluzet a besoin d’un faire-valoir, il faut que le choix du partenaire soit inspiré.

Francis Dubois

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