Actualité théâtrale

Théâtre de L’Atalante jusqu’au 26 mars 2012

"Dom Juan" Partenaire Réduc’snes

"Dom Juan" de Molière. Mise en scène René Loyon

René Loyon a monté huit pièces de Molière avant de se lancer dans l’aventure de "Dom Juan" le texte le plus baroque de l’auteur dans sa construction, la moins cernable dans sa forme et dans sa thématique.

Molière l’a écrit dans l’urgence après l’interdiction du "Tartuffe" alors qu’il n’avait aucune nouvelle création à proposer au public, en s’inspirant d’un sujet à la mode, mis en vogue par l’espagnol Tirso de Molina.

"Dom Juan" est une histoire romanesque, riche en péripéties, qui offre un mélange de genres, où se mêlent scènes de comédie, de tragédie, farce et merveilleux.

Sur le plateau du théâtre de l’Atalante, un décor unique, réduit à quelques vieux meubles disparates et fatigués, un tapis passé, une table et un sofa écarlate où se tient, endormi, enveloppé dans un drap présageant le linceul, Dom Juan, alors qu’à la lueur d’une chandelle, Sganarelle et Gusman conversent à propos des bienfaits du tabac.

Le ton du spectacle est donné : le texte de Molière se donne sans chichis ni velours rouge, livré à une mise en scène discrète et solide, et au talent inventif d’une troupe de comédiens formidables.

Le travail de René Loyon et de sa troupe réinvente un théâtre à l’état pur, débarrassé de la moindre tentative fastueuse et qui compense une évidente absence de moyens par une inventivité du jeu, et pour les costumes, par des découvertes de fond de malle habilement utilisés et quelques fulgurances frôlant le luxe : le gilet de brocart de Don Juan ou ses chaussures vernies, le pantalon rustique de Sganarelle ou la redingote du Commandeur.

La sobriété de la mise en scène qu’émaillent quelques éclats de voix, tambourinades ou allusions audacieuses, sert le texte auquel elle apporte une lisibilité immédiate et savoureuse.

La comédie y est comédie et le drame y est drame. Il n’y manque rien et rien n’y est trop.

Clément Bresson joue un Dom Juan insolent avec juste ce qu’il faut de modernité. Yedwart Ingey est un Sganarelle épatant alors que Jacques Brucher passe du personnage de Gusman, à celui de Monsieur Dimanche ou a celui du Commandeur avec la maestria des plus grands.

Ce qui se passe dans ce petit théâtre de l’Atalante est toujours de qualité. Le choix de la programmation y est judicieux et la "famille théâtrale" proche des directeurs Alain Alexis Barsacq et Agathe Alexis dont René Loyon fait partie, savent merveilleusement, en familiers, utiliser le plateau d’une des plus petites salles de Paris qui vit discrètement mais intensément à l’ombre du Théâtre de l’Atelier.

Ce "Dom Juan" ne se donne à l’Atalante que jusqu’au 26 mars Il se poursuivra en tournée par la suite. Il faut y courir.

Francis Dubois

Atalante, 10 place Charles Dullin 75018 Paris

www.theatre-latalante.com

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 46 06 11 90

Spectacle en tournée :

Les 3 et 4 avril 2012 au Théâtre des 7 Collines à Tulle.

Le 5 avril 2012 Théâtre Beaumarchais à Amboise

Le 12 avril 2012 Espace Diamant à Ajaccio

Le 19 avril 2012 Théâtre La Colonne Miramas

Les 3, 4, 9, 10, 11 mai 2012 Centre des Bords de Marne Le Perreux-sur-Marne

Les 14 et 15 mai 2012 Théâtre Firmin Gémier Salle Le Colombier Verrière-le-Buisson

Le 24 mai 2012 Théâtre des 3 Pierrots Saint-Cloud.

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