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Un film de Steve Moreau (France)

"Dos à la mer" Sortie en salles le 14 janvier 2015.

Un père et son fils de quatorze ans voyagent en voiture, vers quelle destination ? Que fuient-ils ? De quoi sont-ils à la recherche ?

Le père est enjoué, détendu. Le fils, silencieux, crispé.

Le port maritime où leur voyage aboutit serait-il la ville de leur point de départ puisque, après avoir erré, dormi dans la voiture, utilisé les toilettes publiques pour se laver, Léo retrouve le collège où il était inscrit ?

En attendant des lendemains plus stables, ils occupent un bateau de plaisance qui sera d’un jour à l’autre, mis en vente

Cinéma : "Dos à la mer"

" Le dos à la mer" est le récit d’un face à face entre un père immature, instable, anarchiste, goguenard et machiste avec son adolescent de fils qui, face à l’irresponsabilité de son géniteur, veille à tout instant à ce que leur histoire ne bascule pas totalement.

Steve Moreau dont le film est l’adaptation de son roman éponyme raconte, en noir et blanc, l’histoire d’une errance qui se voudrait insouciante, la rencontre dans des circonstances en apparence vacancières, de deux êtres à la fois proches et étrangers.

On peut supposer que la rencontre du père et du fils est récente. On peut, tout autant penser qu’ils ont vécu longtemps côte à côte sans se rencontrer.

Quoiqu’il en soit, après s’être frôlés, ces deux-là n’auront pas trouvé le moyen de rétablir les liens qui les unissent.

Le film de Steve Moreau sonne juste dans les moments où les deux protagonistes sont en présence l’un de l’autre, quand l’approche est possible ou quand se mesure l’espace irréductible qui s’est installé entre eux.

Lorsque des personnages extérieurs au couple père-fils interviennent, ils n’échappent pas au cliché. Avec l’intervention d’un voisin vieux loup de mer solitaire, image fugace d’un père de substitution passager, d’une voisine femme mûre initiatrice toute en générosité, le film rejoint une sorte de passage obligé qui banalise le récit et l’éloigne de son propos initial.

Maladresse de mise en scène ou parti pris de stylisation, d’autres moments encore font retomber le film dans la banalité. L’entretien de Léo avec le professeur ("Tu sais que je suis ton professeur principal »…) ou du professeur avec le père, n’apportent rien aux personnages.

En dépit de ces maladresses (et peut-être, grâce à elles) "Le dos à la mer" garde le cap de son sujet et lorsque le voilier emportant le père pour un "tour du monde" qu’il fera (ou ne fera pas) seul, laisse Léo à quai, on découvre que le récit que nous a proposé Steve Moreau échappe à la vraisemblance et que c’est dans cette démarche qu’il faut le voir dès le début ; et n’en retenir que l’incapacité pour deux êtres qui s’aiment de se rejoindre paisiblement.

Une variation sur les rapports père-fils toute en charme, finalement.

Francis Dubois

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