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Un film de Olivier Assayas (France)

« Doubles vies » Sorties en salles le 16 janvier 2018.

Alain, la quarantaine, est le directeur de la célèbre maison d’édition qui a, jusque là, publié tous les romans de son ami Léonard. L’épouse d’Alain, Selena, est l’actrice vedette d’une série télé populaire et Valérie. la compagne de Léonard, est attachée parlementaire. Bien que les deux couples soient très liés depuis des années, Alain annonce à Léonard qu’il ne publiera pas son nouveau manuscrit.

Mais les relations entre Alain, Léonard, Séléna et Valérie sont beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît.

Cinéma : doubles vies

Olivier Assayas renoue ici avec une veine narrative qui faisait tout le charme de «  Fin août, début septembre  » chronique mélancolique autour d’un groupe d’amis trentenaire ou de «  L’heure d’été » qui mettait une famille bourgeoise face aux affres d’une succession compliquée à la mort de la mère.

Ici, les personnages sont d’incorrigibles bavards et le moteur essentiel du film repose sur leurs intarissables logorrhées au cours de tête à tête ou de soirées où l’on s’affronte à bâtons rompus avec un évident plaisir. Mais leurs échanges de haute volée n’empêchent aucun d’entre eux de vivre dans le mensonge, les tromperies mutuelles et les dérapages amoureux entre amis.

Le film d’Assayas se déroule en vase clos et l’on y est entre soi. Les appartements parisiens sont élégants avec une touche de laisser-aller bohème et les maisons de vacances sont des lieux rustiques en bord de mer, où les grillades au barbecue sont de rigueur.

Olivier Assayas a visiblement pris beaucoup de plaisir à écrire pour ses personnages qui ont des activités qui leur conviennent mais qui se montrent vaguement blasés, un rien nonchalants.

Selena s’est lassée de la série télévisuelle à succès qui lui apporte une notoriété bien supérieure à celle que peut lui provoquer une pièce de Lars Nören dans un théâtre national. Alain est un directeur d’édition comblé mais un rien nonchalant ou fluctuant et capricieux. On peine à croire à l’attachement profond de Valérie pour Léonard, son mari que Vincent Macaigne interprète avec les mêmes airs de chien battu qu’il baladait déjà dans ses prestations précédentes.

On aimerait être porté par le film d’Olivier Assayas, s’attacher à ses personnages, s’intéresser à leurs histoires de cœur extra-conjugales mais on reste à distance autant des protagonistes que des sujets de discussion qu’ils abordent.

Quelle est la portée réelle d’une réalisation comme « Doubles vies  » qui cumule trop de handicaps pour être un film grand public et trop de clichés pour intéresser un public de cinéphiles ?

Le distribution est élégante et efficace. Juliette Binoche compose un personnage singulier de femme oisive à qui elle donne dans une tonalité légère, beaucoup de profondeur. Guillaume Canet compose un Alain un peu transparent. Nora Hamzawi est une Valérie énergique beaucoup moins indifférente qu’elle ne le laisse paraître.

Les personnages épisodiques ont l’élégance de Pascal Gréggory, de Laurent Poitrenaux ou Christa Théret en jeune louve déterminée à faire sa place dans les nouvelles donnes de l’édition.

Francis Dubois

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