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Un film de Kim Ki-Duk (Corée du Sud)

"Dream" Sortie en salles le 24 mars

Kim Ki-Duk s’est fait connaître avec deux œuvres très personnelles que la critique a largement saluées à leur sortie, "Printemps, été, automne, hiver… et printemps" et "Locataires" qui obtint en 2005, le Lion d’Argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise.
"Dream" appartient à cette même ligne d’inspiration et traite des thèmes habituels de la solitude, de la schizophrénie et des désirs inassouvis.
Jin se réveille d’un cauchemar dans lequel il a provoqué un accident de voiture et à l’issue duquel il s’enfuit, refusant de porter secours à un homme blessé. Ce cauchemar a agi sur lui avec une telle force qu’il se rend séance tenante sur les lieux où il découvre que l’accident s’est réellement produit.

Le véhicule en cause n’est bien sûr pas le sien mais celui d’une jeune femme confondue par la présence de sa voiture endommagée retrouvée garée devant chez elle. Or, à l’heure où l’accident s’est produit, il est prouvé que la jeune femme dormait.
Une psychologue qui suit Ran au cours de sa garde à vue découvre que celle-ci souffre de somnambulisme et que ce phénomène récent chez elle s’est déclenché au moment où Jin a commencé à faire de curieux rêves… La réalité est qu’il existe une étrange corrélation entre eux deux : lorsque Jin rêve, Ran agit inconsciemment dans son sommeil.
La seule solution à cet état de faits serait qu’à aucun moment, l’un et l’autre ne plongent dans le sommeil en même temps. Or, pour maîtriser l’emploi du temps, il ne leur reste plus qu’à habiter ensemble. Le fait de tomber amoureux l’un de l’autre pourrait être une issue définitive à leur problème…
La force du travail scénaristique de Kim Ki Duk est de créer un monde où les frontières entre le normal et l’anormal n’existent plus, où les rêves deviennent réalité et la réalité devient un rêve, où la ligne est franchie entre l’intérieur et l’extérieur, le corps devenant le lieu privilégié de toutes les souffrances.
Rigoureux dans sa construction, libre dans les va et vient qui superposent plusieurs strates de narration, le récit est un curieux échafaudages de possibilités infinies. Il revient à un jeu presque mathématique autour des complicités oniriques maléfiques des deux protagonistes, pris au piège d’un surnaturel incontrôlable.
Au cours de sa propre histoire chaotique qui mit bout à bout des études dans une école d’agriculture, une période de travail en usine, six années dans une unité de la Marine, Kim Ki Duk a même été dessinateur de rue. C’est sans doute dans cette diversité d’activités qu’il a puisé son goût des belles images qui ajoute à une galerie de portraits, le monde végétal et ce penchant pour les décors luxuriants, digne des plus romantiques cartes postales.
Francis Dubois

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