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Un film de Pascal Rabaté (France)

"Du goudron et des plumes" Sortie en salles le 9 juillet 2014

Avec l’arrivée de l’été, Montauban prépare le "Triathlon", compétition populaire télédiffusée, une manifestation qui enflamme la ville.

Christian, divorcé récent, est un commercial qui n’hésite pas à se laisser aller à de petites combines dans l’exercice de son métier.

Il a en garde sa fille Vanessa, âgée d’une douzaine d’années, un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires ; elle est devenue sa raison de vivre.

Celle-ci qui fait partie d’un groupe de majorettes, partie prenante des manifestations du triathlon, engage son père, autrefois sportif, à accepter de concourir au sein de l’équipe d’aviron.

Les liens d’amitié qui unissent Vanessa à son amie Alizée vont faciliter la rencontre de la mère de celle-ci, célibataire et enceinte de quatre mois, avec Christian qui depuis le divorce, souffre de solitude.

Sera-ce pour l’un et l’autre l’occasion d’un nouveau départ dans la vie ?

Venu de la bande dessinée, Pascal Rabaté en est avec " Du goudron et des plumes " à sa troisième mise en scène et creuse, dans le paysage cinématographique français, un sillon singulier, très personnel.

Après " Les petits ruisseaux" en 2010, et "Ni à vendre ni à louer" qui étaient de tenue plus poétique, il raconte une histoire simple empreinte de candeur et de naïveté qui pourrait apparaître comme cousue de fil blanc, si le ton "Rabaté" ne venait à la rescousse et ne rehaussait un récit au "ras du sol" de moments flamboyants, pourtant tout en retenue et d’un regard attendri sur le quotidien d’êtres ordinaires.

Si le cadre de vie de Christian est une cité pavillonnaire dont les habitants sont livrés à des occupations répétitives (la tonte des pelouses est une activité récurrente, les rencontres entre les mêmes personnes semblent réglées et minutées…) Rabaté ponctue son récit attendu de petites observations et de détails légèrement décalés qui, le temps d’un instant, le plongent dans un autre univers qu’on pourrait apparenter à ceux de Jacques Tati ou de Pierre Etaix.

" Du goudron et des plumes" dresse-t-il le portrait d’une agglomération provinciale comme il en existe des milliers ou s’attache-t-il à la rencontre de deux éclopés de l’existence qui trouvent à cette occasion le moyen de se tenir la tête hors de l’eau ?

Confrontés à des situations liées à une époque de pleine mutation sociale, économique ou politique, ils connaissent des difficultés professionnelles doublées de situations intimes compliquées : elle est mère célibataire et lui récemment divorcé et s’ils jouent l’un et l’autre la carte d’un optimisme envers et contre tout, leur désarroi est profond.

Pascal Rabaté, tout en respectant à la lettre les codes d’un récit volontairement sans relief, parvient à donner un film juste, touchant et drôle.

Il bénéficie, avec la présence au générique de Sami Bouajila et d’Isabelle Carré, de deux merveilleux complices.

On aimera, pour peu qu’on soit sensible à la petite "musique" personnelle d’un réalisateur de cinéma qui ne pourra pas nier qu’il est aussi un créateur de BD.

Francis Dubois

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