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"Duel au soleil" Reprise d’un film de King Vidor (USA 1946) - sortie en salle le 26 novembre

Scott Chavez est condamné à la pendaison pour avoir tué, sous l’effet de la jalousie, sa femme indienne et l’amant de celle-ci. Pearl, leur fille orpheline, est recueillie par Laura Belle, autrefois aimée de Scott Chavez, devenue l’épouse du sénateur McCanles, riche propriétaire terrien.
Les deux fils du couple McCanless sont très différents. Jesse, calme et réfléchi est promis à un bel avenir. Lewt, une tête brûlée mène une vie désordonnée. L’un et l’autre tombent sous le charme de la jeune fille dont le côté sauvageon hérité de sa mère plait aux hommes. Mais Pearl, malgré la promesse qu’elle a faite à son père de devenir une dame au contact de Laura Belle, au lieu de répondre à l’amour de Jesse, cède au charme de Lewt. Elle ne peut résister à la relation bestiale qui la lie au jeune voyou alors qu’elle nourrit pour Jesse un sentiment profond…

Un troisième homme, le régisseur de la propriété de McCanless va-t-il, en l’épousant éloigner Pearl de l’attirance qu’elle a pour le redoutable et peu scrupuleux Lewt ?
Le producteur David Selznick espérait renouveler avec cette fresque au budget gigantesque sur fond de construction du chemin de fer, le succès qu’avait remporté une de ses productions précédentes "Autant en emporte le vent". Mais en cours de tournage, King Vidor abandonna la réalisation. Et c’est ainsi que se succédèrent, pour le tournage de certaines séquences plusieurs réalisateurs comme William Dieterle ou Joseph von Sternberg et quelques autres dont les noms ne figurent même pas au générique.
"Duel au soleil" doit sa renommée persistante, notamment à ses célèbres séquences de crépuscules, cadrages rougeoyants qui annoncent par la couleur, le sang qui coule dans les dernières scènes.
Malgré des inégalités dans la mise en scène dues à la diversité des réalisateurs de remplacement et un manque d’homogénéité entre les moments historiques et les scènes intimes, ce qui n’aurait pu être qu’un western romantique reste une fresque monumentale avec tous les ingrédients nécessaires au genre et ses deux grandes lignes narratives, l’une inspirée de la bible et l’autre regardant du côté du Roman feuilleton familial.
Couchers de soleil somptueux, scènes de bals, troupeaux immenses conduits par de virils cow-boys, menaces, règlements de comptes, duels en règle, rien ne manque à ce western tourné en 1946. Le racisme est en bonne place ainsi que la misogynie mais il n’est peut-être pas inintéressant de faire, à l’occasion de cette reprise, un retour vers le western, ce bon vieux genre qui nous amène toujours, avec la même efficacité, à retenir son souffle dans les moments de suspens et à verser une larme quand la musique vient au appuyer une scène déchirante. Joseph Cotten et Grégory Peck jouent les deux frères Canless, Jennifer Jones une Pearl Chavez brûlante et Lillian Gish une Laura McCanless touchante.
Un film de référence dont les personnages sont comme la terre sèche, rudes et passionnés.
Francis Dubois

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