US Magazine 794 du 18 janvier 2020

E3C : Travailler plus pour gagner moins ?

Le Ministère a présenté aux organisations syndicales ses projets de textes instituant une rémunération exceptionnelle pour les E3C en 2019-2020. Le SNES-FSU a dénoncé ce dispositif qui revient à diminuer aujourd’hui l’indemnité de correction et prévoir sa suppression l’année prochaine.

Dans le cadre de la mise en place du nouveau baccalauréat, l’administration a prévu des indemnités pour seulement 2019-2020 car, selon elle, la situation est "exceptionnelle". L’exception consiste à mettre en place une réforme : il faut organiser l’ancien et le nouveau baccalauréat en même temps. Pour l’année prochaine, il n’y a donc rien d’acté.

Un forfait de 50 euros

Le SNES-FSU dénonce la mise en place d’une indemnité forfaitaire "de 50 euros par division et par évaluation d’épreuve mentionnée à l’article 2 de l’arrêté du 16 juillet 2018". Le principe forfaitaire est inégalitaire car tous les lots de copies constitués au sein des lycées ne sont pas de même taille. L’expression "par division et par évaluation d’épreuve" est peu claire. Renvoie-t-elle aux lots que les correcteurs et correctrices récupèrent sur la plate-forme Santorin ?
Un lot de copies est lié à un groupe d’élèves, un même sujet et un enseignant, précise par ailleurs le Ministère. Si les E3C sont des épreuves du baccalauréat, elles entrent dans le cadre des textes de 2010 et 2012 (le montant de 5 euros brut par copie est resté inchangé depuis lors).

Le prix du mépris

Or le ministère, lui, choisit de modifier le texte de 2012 pour ne plus appliquer cette rémunération qu’aux épreuves terminales du baccalauréat ! Le ministère refuse de reconnaître le travail supplémentaire que les E3C représente pour les correcteurs contraints à trouver du temps pour les concertations et l’élaboration des corrigés. Ce faisant, il est prévu une prime elle aussi "exceptionnelle" de 500 euros pour les personnels de direction chargés d’organiser « loyalement » les sessions. On peut mesurer à l’aune de cette mesure toute la considération que le ministère éprouve pour le travail des enseignants.

Claire Guéville, Amélie Hart Hutasse

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