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Un film de Megan Griffiths (USA)

"Eden" Sortie en salles le 13 novembre 2013.

L’action se situe en 1994. Hyun Jae, une adolescente américano-coréenne, rencontre dans un bar du Nouveau Mexique, un jeune homme qu’elle trouve séduisant et qui lui inspire une entière confiance.

Celui-ci lui propose de la ramener chez elle mais Hyun Jea ne rejoindra jamais les siens.

Enlevée par un réseau de trafiquants de drogue et de très jeunes filles, elle est forcée de se prostituer.

Lorsqu’elle prend conscience de ce que sera son avenir : du sexe avec des clients et sa vie dans un box aux dimensions et confort réduits, elle décide de jouer le tout pour le tout.

Devenue "Eden", à force de ruse et d’audace, elle gagne du pouvoir et influence au sein même de l’organisation qui la retient…

Inspiré d’une histoire vraie, le scénario d’ "Eden" reste dans les limites d’un sujet galvaudé, le rapt d’une toute jeune fille destinée à la prostitution et sur qui un piège infernal se referme.

Mais le film de Megan Griffiths, malgré les clichés, les scènes de violence, de cruauté et le catalogue des personnages inhérents au sujet, mérite qu’on y prête attention.

L’intérêt qu’il suscite provient de son traitement, de la façon dont le metteur en scène s’y est pris pour décaler légèrement tout ce qui, dans le récit, aurait dû déboucher sur des scènes attendues et à tout ce qui touche au déroulement de la prise de conscience et de la lente métamorphose du personnage de Hyun Jae.

En même temps qu’elle demeure soumise, la jeune fille, gagnant en lucidité, ose se lancer avec à peine moins d’innocence, dans un processus de ruse.

Elle est méconnaissable d’autorité quand elle devient membre de l’organisation au prix de douloureuses mais incontournables trahisons.

Tout en respectant les règles du thriller, du film de genre auquel "Eden" n’échappe pas, Megan Griffiths amène son récit jusqu’aux limites du film intimiste.

C’est peut-être parce qu’il a sacrifié les personnages secondaires et focalisé presqu’uniquement sur celui de Hyun Jae que Megan Griffiths a donné à son film une fragilité qui, le plaçant à mi-chemin entre deux genres, lui procure sa singularité.

Francis Dubois

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