Actualité théâtrale

au Théâtre douze, jusqu’au 8 février

« Edgar et sa bonne » d’Eugène Labiche et Marc Michel

C’est aujourd’hui la signature du contrat de mariage d’Edgar, un peu coincé entre sa sœur, qui partage son appartement, et sa bonne, Florestine avec qui il entretient une liaison. Celle-ci est passionnée et jalouse et Edgar s’efforce de lui cacher son mariage imminent. Les ressorts de l’intrigue sont classiques : Florestine s’efforce d’empêcher Edgar de sortir tandis que celui-ci s’efforce de lui échapper, le tout sur fond d’invités qui n’y comprennent rien, avec cerise sur le gâteau, le beau-frère imbécile qui s’ingénie à tout mettre par terre en croyant tout comprendre. Comme toujours Labiche se moque avec férocité de la bourgeoisie de son temps, de ses petites combines, de sa bêtise et de son arrogance.
« Edgar et sa bonne  » est une comédie-vaudeville, c’est à dire du théâtre avec des chansons. C’est le genre théâtral qui a lancé la mode des opérettes au début du 19ème siècle et dont Labiche fut un des premiers maîtres. Il y a donc une histoire que l’on raconte et pour les airs, on puise dans le répertoire musical existant. Jean-Pierre Hané met en scène cette comédie en respectant l’époque : un décor bourgeois et des costumes du 19ème siècle. Enseignant au conservatoire de musique, il joue aussi avec beaucoup de présence et une belle voix, le rôle d’Edgar. Ariane-Olympe Girard fait merveille dans le rôle de la promise, Henriette. Ses qualités de chanteuse dominent un peu celle des autres, en particulier de Florestine, mais dans ce rôle Julie Deliquet compense par un jeu très vif et un charme certain. Au piano, Laurent Epstein a arrangé avec humour les airs célèbres que l’on est souvent surpris de connaître, sans avoir su les rattacher à cette comédie. Il n’est pas qu’un accompagnateur, il a toute sa place dans le spectacle. Philippe Fialho a chorégraphié les mouvements d’ensemble des invités, car bien sûr tout finit par une danse et une chanson. L’ensemble est enlevé, les personnages entrent et sortent avec vivacité, il se passe des choses derrière la scène et l’on rit souvent.
Micheline Rousselet

Théâtre douze
6 avenue Maurice Ravel
75012 Paris
Réservations : 01 44 75 60 31
Jeudi, vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 15h30
www.theatredouze.com

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