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Education prioritaire et Cour des Comptes

Le 17 octobre 2018, La Cour des comptes a rendu un rapport qui pointe l’échec des politiques actuelles de l’éducation prioritaire à faire réussir les élèves qui y sont scolarisés. Les écarts de réussite en français et mathématiques sont de 20 à 35% entre les élèves en EP et hors EP, loin de l’objectif recherché de 10% réaffirmé lors de la refondation. Pour « rendre plus efficace l’éducation prioritaire à moyen et long terme », les auteurs du rapport proposent de nombreuses pistes parfois déjà expérimentées qui semblent miraculeusement coïncider avec celles qu’envisage le Ministère.

Ecole du socle, en éducation prioritaire aussi !

Le rapport promeut la création d’établissements publics de réseau, c’est-à-dire de « laboratoires d’une école du socle commun de connaissances mettant en œuvre le lien collège/écoles ». Ils bénéficieraient d’une plus grande autonomie pour « l’organisation et l’affectation des moyens » qui seraient donnés par contrat sous condition de mise en œuvre d’actions. C’est le retour des écoles du socle mais aussi la constitution d’établissements dérogatoires instituant de fait une école à part, ce qu’a toujours refusé le SNES-FSU.

Evaluationite aiguë

Par ailleurs, une des pistes retenues est la multiplication des évaluations (au début et à la fin de chaque cycle et de chaque année scolaire) pour alimenter des bases de données permettant de produire des indicateurs de valeur ajoutée pour les collèges (IVAC) et les réseaux. La possibilité d’aboutir à un pilotage par les résultats, caractéristique du nouveau management public est réelle.
Les chefs d’établissement pourraient recruter sur profil les enseignants. L’indemnitaire serait individualisé car calculé en fonction de l’investissement individuel, de l’implication au sein des équipes et de l’attractivité de l’académie.
Ces deux mesures cumulées vont renforcer l’assujettissement des personnels aux équipes de direction.

Education prioritaire : priorité au primaire

Pour éviter leur dilution, les moyens devraient se concentrer sur « les leviers à fort rendement » donc sur le 1er degré en abondant les dédoublements envisagés désormais sur 3 ans. Les établissements seraient classés en plusieurs catégories en fonction d’un indice synthétique de difficulté sociale et scolaire. La dotation composée de moyens non spécifiques et spécifiques à l’éducation prioritaire serait allouée en fonction de ces catégories pour éviter les effets de seuils et en faire bénéficier tous les élèves en relevant. Quid du label que la Cour considère comme responsable d’une partie de l’évitement dans ces conditions ? Quelle place pour le lycée alors qu’il est question de continuum de scolarité ?

L’avis du SNES-FSU

Le rapport montre surtout que le problème n’est tant la dilution des moyens mais bien le peu de moyens consacrés à l’éducation prioritaire. Ils représentent 4% du total des financements consacrés aux collèges et aux écoles à répartir sur environ 20% des élèves soit plus 1,7 millions d’élèves. Comment avec si peu de moyens penser que l’on pourrait réduire les écarts, alors même que la situation socio-économique a continué à de dégrader ? Le SNES-FSU demande lui un élargissement de la carte partant des besoins réels des établissements, le maintien d’un label unique et l’octroi des indemnités à l’ensemble des personnels y travaillant donc un budget plus conséquent.

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