Les indemnités

Éducation prioritaire : une prime à mériter

Le candidat E. Macron avait annoncé 3 000 € dès son accession à la présidence, mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Le ministère vient seulement de présenter au SNES-FSU son projet de revalorisation de l’indemnité REP+ et le projet recèle quelques problèmes !

D’abord parce que seule une part de l’augmentation sera effective à compter de la rentrée 2018 (augmentation de 1 000 € de l’indemnité existante de 2 312 €). Une autre sera versée en 2019 mais le restant ne sera pas attribué à tous les personnels exerçant en REP+. Le ministère indique que le reste de cette augmentation à l’horizon 2020 sera attribué… ou pas à l’ensemble de l’équipe de l’établissement (chef d’établissement inclus) sur la base de l’évaluation d’un projet d’établissement construit par l’ensemble de la communauté éducative. Voilà donc comment le ministre JM Blanquer entend répondre à la commande gouvernementale d’introduire une part de salaire au mérite chez les personnels d’enseignement et d’éducation. L’objectif affiché est, chacun s’en doute, de favoriser le travail en équipe. Le SNES-FSU a rappelé que le travail collectif existe déjà dans les établissements de l’éducation prioritaire car sinon les conditions de travail empireraient à grande vitesse et que mettre une prime d’intéressement, fût-elle collective, risque plutôt de désolidariser les équipes, de créer des tensions dans celles-ci que de les souder.

Sur quel temps d’ailleurs les personnels pourraient-ils construire ce projet, qui le validerait, qui l’évaluerait ? Par ailleurs, dans ces établissements où de nombreux personnels exercent sur un temps court (TZR, contractuels…), comment pourraient-ils bénéficier de cette part d’indemnité collective ?
Pour le SNES-FSU, il est nécessaire de trouver les moyens de favoriser la stabilité des équipes pédagogiques et éducatives dans les établissements relevant de l’éducation prioritaire. Dans cet objectif, il convient de répondre aux demandes des personnels de réduction des effectifs, d’attribution de moyens pour la vie scolaire, de formation. L’attribution de la pondération de 1,1 que le SNES-FSU a gagnée lors de la réaffirmation des obligations réglementaires de service dans le décret de 2014 ne doit pas être prétexte à l’imposition de réunions multiples. Le versement d’une indemnité est un facteur de stabilisation mais doivent s’y ajouter des mesures d’amélioration de carrière, sans défavoriser les autres personnels.

Dossier à suivre.

Autres articles de la rubrique Les indemnités

Dans la rubrique Actualités

  • Stage syndical national : collège et éducation prioritaire
    Les 7 et 8 novembre dernier, une trentaine de collègues de toutes les académies ont travaillé deux jours sur l’éducation prioritaire, à la suite du dossier de l’US Mag d’octobre 2018. Ce stage syndical... Lire la suite (23 novembre)
  • Education prioritaire et Cour des Comptes
    Le 17 octobre 2018, La Cour des comptes a rendu un rapport qui pointe l’échec des politiques actuelles de l’éducation prioritaire à faire réussir les élèves qui y sont scolarisés. Les écarts de réussite... Lire la suite (22 octobre)
  • L’éducation prioritaire remise en question
    Alors que cet automne devait être annoncée la modification de la carte de l’Éducation prioritaire pour la rentrée 2019, le Ministre a annoncé le gel de la carte actuelle pour une année supplémentaire... Lire la suite (9 octobre)
  • RAPPORT BORLOO, ATTENDONS LES ACTES !
    Commandé par Emmanuel Macron, Jean-Louis Borloo a rendu son rapport sur la politique de la ville. Un constat sans appel. « Près de 6 millions d’habitants vivent dans une forme de relégation, voire... Lire la suite (9 juin)
  • REP : l’illusion statistique
    La DEPP a publié en février un état des lieux de l’éducation prioritaire (EP), dont les résultats sont repris à tort et à travers par les médias sans prendre en compte ses limites. « La majorité des... Lire la suite (14 mars)