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Un film de Rebecca Thomas (Etats-Unis)

"Electrick children" Sortie en salles le 26 juin 2013

Rachel, 15 ans, vit avec sa famille dans une communauté mormone de l’Utah.

Un jour, elle fait une découverte : un vieux magnétophone sur lequel elle entend " Hanging on the telephone" enregistré par un rocker local.

Rachel n’a jamais rien entendu de tel à ce jour, et vit ce moment comme une expérience exceptionnelle, mystique et sensuelle.

Lorsque, quelques semaines plus tard, elle se retrouve mystérieusement enceinte, elle a la certitude que c’est le morceau pop-rock qui est à l’origine de sa grossesse.

Ses parents, mis au pied du mur, tentent un mariage de force mais Rachel s’enfuit. Elle met le cap vers Las Vegas où elle espère retrouver le rocker, persuadée qu’il est lié au mystère de cette immaculée conception.

En construisant son film à cheval sur deux univers contrastés, la communauté mormone austère et sclérosée d’une part et une Las Vegas débridée d’autre part, et en plongeant dans l’un et dans l’autre le personnage ingénu de Rachel qui les traverse comme une salamandre, sans rien perdre de ce qui caractérise la candeur de son personnage, Rebecca Thomas pose avec brio l’essentiel de son récit.

Le personnage d’Esther appartient à l’univers du conte. Enfermée dans cette communauté mormone qui la coupe d’un monde contemporain, la jeune fille se laisse séduire par tout ce qui ouvre sur l’extérieur. L’engouement qu’elle montre pour cet enregistrement d’une chanson révèle sa grande innocence. Une innocence qui lui permettra de se convaincre que la simple écoute de la chanson a pu avoir effet de fécondation.

La marginalité des personnages qui occupent la période Las Vegas n’est pas liée à une réalité et au contraste des deux mondes. Passés par le filtre innocent du regard d’Esther, ils prennent cette coloration décalée et donne à un personnage comme celui de Clyde et à ceux de ses amis, ce côté "éléctrick" qui, insensiblement, transporte le récit dans un registre quasi onirique tout en gardant un pied dans la réalité..

En faisant le choix de la très jeune comédienne Julia Garner pour interpréter Rachel, Rebecca Thomas avait en main, un atout de taille.

Cette jeune actrice dont le visage, la silhouette, sont d’une extrême délicatesse, dont la blondeur angélique va totalement dans le sens de l’innocence du personnage ne s’en tient pas là. Elle sait exprimer la forte détermination qui la conduit et passer, un peu comme Alice au pays des merveilles, de l’autre côté du miroir, dans un monde ni tout à fait imaginaire, ni tout à fait réel où elle a sa place et où une mystérieuse Mustang qui hantait les récits de sa mère, pouvait tenir lieu du personnage du lapin.

"Electrick children" est un film qui ne manque ni de charme ni d’audace et qui va, sans faillir, jusqu’au bout de son propos.

Francis Dubois

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