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Un film de Pablo Trapero (Argentine-France-Espagne)

"Elefante Blanco" Sortie en salles le 20 février 2013

Attachés au "Bidonville de la Vierge" dans la banlieue de Buenos Aires, Julian un argentin et Nicolas un français, deux prêtres amis de longue date, aident au quotidien une population démunie.

Julian se sert de ses relations politiques pour faire aboutir un projet qui lui tient à cœur : la construction d’un hôpital.

Nicolas souffre d’avoir vu les forces paramilitaires assassiner sous ses yeux les habitants d’un village de la jungle dont il s’occupait.

Profondément choqué, il trouve un soutien en la personne de Luciana, une assistante sociale athée, dévouée elle aussi au "bidonville de la Vierge".

Alors que Nicolas constate la fragilisation de sa foi, les tensions et la violence entre les cartels dans le bidonville prennent des proportions inquiétantes.

Quand le Ministère décide d’arrêter les travaux de construction de l’hôpital, les esprits s’échauffent et l’interruption du chantier devient l’étincelle qui met le feu aux poudres.

Dans les années soixante-dix, la position de l’Église catholique argentine était confuse. Un partie d’elle soutenait la répression et le gouvernement militaire, une autre la combattait, comme le mouvement des prêtres en faveur du tiers-monde qui a eu à l’époque, son lot de "disparus".

Ainsi, à propos de la mort du père Mugica, deux options s’affrontent mais aucun procès n’a permis de connaître la vérité. Pour les uns, elle a été commanditée par l’Alliance Anticommuniste Argentine qui appartenait dans les années soixante-dix au gouvernement de Peron. Pour les autres, les responsables sont parmi les Montaneros, un mouvement de gauche mais également péroniste.

En Argentine, les bidonvilles qui, comme celui de "La vierge", ont pris l’ampleur d’une vraie ville, voient les générations s’y succéder.

On y trouve ceux qui ont voulu se rapprocher de la capitale pour intégrer un système. Ceux-là viennent surtout de l’intérieur des terres. Dans ces bidonvilles, qui sont l’endroit où ils ont le plus facilement accès, on retrouve des étrangers venus de pays voisins en quête d’une amélioration de leurs conditions de vie. Car pour beaucoup de ceux qui ont connu l’extrême pauvreté ailleurs, les bidonvilles peuvent représenter un premier pas vers plus de moyens et d’infrastructures.

Quant à ceux qui ont dû quitter la ville, c’est l’endroit où l’on fuit quand on est tombé au plus bas de l’échelle sociale.

"Elefante Blanco" donne à voir à travers les personnages de Julian, Nicolas et Luciana, des êtres qui se battent au quotidien pour essayer de changer les choses dans ces quartiers, même si les moyens dont ils disposent sont très limités.

Le film de Pablo Trapero se focalise sur leurs actes parfois mal compris, mal interprétés par une population sans cesse sur le qui-vive. Actes de bravoure, détermination à faire aboutir un projet d’intérêt général ou à aider individuellement et ponctuellement.

Le film est généreux, courageux, filmé au ras de cette population démunie vivant hors des règles de l’hygiène la plus élémentaire et le dévouement des deux prêtres reflète bien la difficile mission de ces hommes au secours de leur prochain.

Pourtant, le scénario aurait mieux servi le récit s’il n’avait inutilement "débordé" en insistant sur la liaison de Nicolas et Luciana.

Le fait qu’ils deviennent amants vire à la romance et affaiblit le propos.

Dommage, car le film par son audace dénonce efficacement des situations dramatiques dont notre confort occidental nous tient, le plus souvent, éloignés.

Francis Dubois

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