Actualité théâtrale

Du 13 au 16 avril au Théâtre 71 de Malakoff, en tournée ensuite

« Emma mort, même pas peur »

Comme le dit Emma « Je sais pas si tu te rends compte que tu vas mourir… Et je sais que tu es très effrayé par cette idée « inempêchable ». Alors moi je te propose de te montrer comment ça se passe. » Et avec elle le voyage n’est pas triste ! Puisque mourir, c’est voir la vie s’éteindre, elle commence en douceur avec une bougie et des allumettes, puis elle nous entraîne dans l’écriture du testament, elle demande pardon, prépare son corps, cherche comment s’installer dans son cercueil, crée un doudou pour se consoler de se perdre et invente toutes sortes d’astuces pour retarder le moment définitif !

Il y a maintenant plus de dix ans que Meriem Menant a crée son personnage d’Emma la clown avec sa chemise de flic bleu clair et sa cravate, sa jupe plissée qui pendouille et ses chaussettes qui godillent, son chapeau informe et son gros nez violacé. Au départ elle ne voulait pas être clown, mais comédienne et elle s’est vraiment révélée quand elle a réussi la synthèse des deux. Elle a promené Emma dans des univers variés, le divin, les sciences occultes, la psychanalyse. Il n’est donc pas surprenant qu’elle l’entraîne aujourd’hui dans une rencontre avec la mort.

Théâtre : Emma mort

Meriem Menant accorde une grande importance à l’écriture et a fait d’Emma un clown qui parle beaucoup, s’interroge et sous le rire, révèle les choses les plus sérieuses : la peur de la mort et le désir de ne pas quitter la vie entre autres. Dans ce domaine Emma se révèle d’une inventivité et d’une duplicité extraordinaires, faisant appel au chamanisme, se demandant comment entrer dans ce cercueil - mais elle a une excuse puisqu’en général on n’y entre pas seul - ou le redressant en se demandant s’il ne vaut pas mieux mourir debout ! Au début elle se place plutôt dans le registre du clown n’arrivant pas à allumer une bougie et les jeunes dans la salle explosent de rire. Mais peu à peu la comédienne prend le dessus. On rit toujours, mais le rire s’étrangle parfois dans l’inquiétude et le regret. Elle joue sur les mots, les situations macabres, elle s’agite pour échapper à l’inéluctable. Elle tire péniblement son cercueil sur la scène avec une corde, incarne la mort avec sa faux et chante un remake extravagant du chanteur de Mexico avec petits squelettes qui se balancent et se trémoussent, comme lors de la fête des morts au Mexique. On passe du rire à l’émotion finale, sans même avoir vu le temps passer, tandis que s’élève une salve d’applaudissements bien mérités.

Micheline Rousselet

Mercredi 15 et jeudi 16 avril à 19h30

Théâtre 71

3 place du 11 novembre, 92240 Malakoff

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 55 48 91 00

En tournée ensuite : programme sur le site de la Compagnie La vache libre

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