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Un film de Gabriele Muccino (Italie)

"Encore un baiser" Sortie en salles le 29 décembre 2010

Il y a neuf ans, Gabriele Muccino tournait "Juste un baiser". "Encore un baiser" reprend les personnages principaux de cette première période. Ils avaient à peine la trentaine et vivaient les jours grisants du célibat, multipliaient les conquêtes féminines et avaient une prédilection pour les rêves impossibles.
Aujourd’hui, ils ont quarante ans, sont devenus plus calmes et plus philosophes. "Juste un baiser" était l’amorce d’une aventure passagère. "Encore un baiser" est celui par lequel on veut tenter sa seconde chance maintenant qu’il y a les séparations à gérer, les enfants à amener chacun son tour à l’école, des problèmes de stérilité pour les uns, des bouffées de jalousie ou de machisme pour d’autres.
Ils étaient cinq, inséparables. L’un d’eux est parti pendant dix ans, laissant derrière lui sa compagne et son petit garçon, sans doute par peur des responsabilités.
C’est à l’occasion du retour d’Adriano que les liens, qui s’étaient distendus, se resserrent entre les cinq garçons. Mais de l’eau a passé sous les ponts. Carlo et Giulia se sont séparés et Livia est devenue la maîtresse de Paolo, un être fragile, impulsif qu’il faut tenir à bout de bras quand il entre dans des périodes de dépression…
L’amitié tenace entre des amis d’enfance est un sujet récurrent au cinéma et l’entrecroisement de plusieurs destins proches ne l’est pas moins.

Et pourtant Gabriele Muccino parvient à les renouveler de façon assez mystérieuse. Peut-être par un savant et subtil dosage dans le mélange des genres. La comédie qui prédomine laisse toute sa part au pathétique et au drame.
Très vite, les personnages qu’ils soient désagréables, irritants ou cocasses dans leurs excès deviennent attachants, des êtres familiers au tourments desquels on adhère. Ces personnages que la vie a rattrapés et qui se voient tout à coup désemparés, mis au pied du mur, conscients que le moment des vrais choix est arrivé.
Tout à coup, les choses deviennent limpides et apparaissent clairement les erreurs du passé. Mais comment revenir en arrière, comment s’y reconnaître entre la vraie émotion et le leurre et discerner l’attachement à l’autre de la peur de la solitude.
"Encore un baiser" est un film infiniment tendre tout autant qu’il est cruel et vrai. Un film qui n’évite pas les clichés mais qui tout à coup surprend par sa justesse. Et c’est peut-être parce qu’il ne force jamais l’émotion, parce qu’il ne tombe jamais dans la caricature qu’on se laisse aussi facilement porter par le destin de ces grands adolescents saisis à leur insu par une maturité soudaine.
"Encore un baiser" est un film universel sur l’amour, l’amitié, sur la quarantaine mais c’est aussi une œuvre personnelle infiniment touchante.
Francis Dubois

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