Protection de l’enfance

Enfance : Dans les limbes L’US MAG N° 780 du 20 août 2018

La loi Schiappa sur la protection de l’enfance
fait l’unanimité... contre elle.

Fait rarissime dans un domaine où
tous les acteurs œuvrent généralement
dans un but commun, les associations
dénoncent toutes la nouvelle loi, mais
aussi l’attitude du secrétariat d’État à
l’Égalité entre les femmes et les hommes.
Elles dénoncent une loi totalement
vide dans un domaine délaissé par les
politiques, et ce malgré tous les efforts
de communication et annonces du
gouvernement.
Et surtout aucune des avancées
attendues en matière de protection des
mineurs victimes d’agressions sexuelles
n’est actée.
La grande promesse de fixer un seuil légal
pour le consentement d’un mineur
à un acte sexuel est restée lettre morte.
L’ajout dans la loi d’une phrase symbolique
sur la vulnérabilité due au jeune âge de la victime,
loin d’être une innovation, ne fait qu’entériner
ce que pratiquent les tribunaux depuis des années.
Elle ne fixe aucune limite qui permettrait d’éviter les
drames qu’ont vécu des fillettes de 11 ans dont le
viol par des adultes n’a pas été reconnu au motif
qu’elles n’ont pas protesté.
Le volet éducatif est lui aussi indigent :
les trois séances d’éducation sexuelle par an
à effectuer à l’école sont une innovation... qui date
d’il y a 17 ans, date à laquelle la loi les a rendues
obligatoires. Et rien n’est prévu, en termes de
temps dégagé ou de formation, pour que les
enseignants puissent les mener à bien.
Encore une fois, les changements et avancées
promises n’ont pas passé le cap des effets d’annonce.
Pire, le secrétariat d’État s’en est pris aux associations
qui luttent depuis des décennies pour les droits des
enfants et dénoncent la vacuité de cette loi.
Les enfants sont les grands perdants.

Aurélia Sarrasin