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Un film de Chris Boula (France-Tibet-Mongolie-Sibérie)

"Enfances nomades" Sortie en salles le 25 mars 2015.

Dans les Steppes d’Asie Centrale où les éleveurs de bétail survivent dans des conditions difficiles, les enfants informés de l’évolution du monde, veulent vivre leurs rêves, leurs désirs et étancher leur soif de liberté.

Ils sont à la fois héritiers de traditions qui disparaissent et inventeurs de nouveaux modes de vie qui leur sont presque à portée de main.

" Enfances nomades " regroupe trois films d’une demi-heure chacun, qui retracent trois destinées et illustrent les difficultés que rencontrent à une époque charnière, ces familles, tant à adopter les codes de la modernité qu’à rester respectueux des racines du passé.

Cinéma : enfances nomades

Lanho est la petite fille d’un couple d’éleveurs Tibétains. Elle a sept ans et n’a jamais rien connu d’autre que les vastes espaces qui l’entourent et les troupeaux de yaks.

Un jour, un homme de la ville vient annoncer au père qu’il faudra prochainement quitter le lieu de leur campement.

Ils n’ont jamais imaginé une autre vie que celle qu’ils mènent.

Sentant la menace se préciser, il décide de vendre une partie du troupeau et décide d’inscrire Lanho à l’école d’une agglomération voisine.

L’intégration de la petite fille s’avère difficile. Son habillement, ses façons rustiques, sa présentation douteuse, attirent sur elle les quolibets des autres élèves.

Un jour, Lanho tombe gravement malade. La maladie qui menace sa vie ne serait-elle pas liée à la menace qui pèse sur elle d’avoir à quitter cette nature à laquelle elle est profondément attachée ?

Dacha, encore presqu’une adolescente, a eu un bébé dont on ignore qui est le père.

L’enfant n’a pas d’existence officielle, faute de déclaration à sa naissance. Il ne porte encore pas de prénom.

Dacha décide d’aller en ville pour régulariser la situation. Mais au cours du long voyage, pendant le sommeil de la jeune mère, le sac dans lequel était le bébé, se détache. Et l’enfant se retrouve seul, en pleine forêt.

Il est recueilli par une famille de bûcherons qui s’attache à lui.

Lorsque Dacha retrouve son enfant, il lui est rendu à regret mais il sera porteur d’un prénom : Apo.

Amraa un jeune mongol, décide d’aller rejoindre la jeune fille qu’il aime en ville. Lorsqu’il se présente à son domicile, celle-ci est seule.

Au moment où ils s’apprêtent à faire l’amour, la mère réapparaît et Amraa a eu tout juste le temps de se cacher.

La mère repartie, alors qu’ils sont à nouveau prêts pour l’étreinte, ce sont une voisine, puis une deuxième qui jouent les trouble-fête.

Le jeune homme propose alors à sa fiancée de louer une chambre d’hôtel mais étant mineurs, la personne de la réception les rabroue.

Différentes autres solutions sont envisagées pour qu’ils puissent arriver à satisfaire leur désir mais toutes ayant échoué, il ne leur en reste plus qu’une seule : s’aimer en pleine nature.

Les trois récits du film à tous points de vue contrastés, allant du drame aux codes de la comédie en passant par ceux du conte, offrent chacun un aperçu de la vie en Asie Centrale, qu’elle ait pour cadre les vastes étendues des Hautes Steppes ou les agglomérations modernes.

Qu’on soit dans le domaine du drame avec l’histoire de Lhama la petite tibétaine qui ne veut vivre qu’avec son yak, dans le récit teinté de surnaturel avec l’histoire du bébé sans prénom ou dans la comédie avec le couple d’amoureux cherchant désespérément où faire l’amour ; à la ville ou dans la nature aride, dans la neige ou la sécheresse, le film de Chris Boula resplendit de beauté et chaque cadrage revient à un véritable tableau.

Et cela, sans qu’à aucun moment, la photographie puisse apparaître appliquée et sans que cette succession d’images superbes, ne soit jamais esthétisante.

Le film est superbe, les récits sont attachants et la candeur qui marque ces personnages simples, est là pour les teinter d’émotion.

Francis Dubois

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