Actualité théâtrale

au Théâtre Nanterre Amandiers, jusqu’au 17 avril

"Epousailles et représailles" Diptyque librement inspiré de Hanokh Levin. Mise en scène Séverine Chavrier

Séverine Chavrier est au départ une musicienne. Elle jouait du piano dans deux mises en scène de Jean-Louis Martinelli aux Amandiers,"Schweyk" de Brecht et "Les fiancés de Loches" de Feydeau. Elle a également travaillé avec le chorégraphe François Verret, puis comme comédienne. Ces différentes casquettes l’ont conduite à la mise en scène de théâtre et pour ce, elle n’a pas choisi une pièce pré-écrite. "Epousailles et représailles" a été conçue à partir de plusieurs nouvelles que Hanokh Levin (connu en France pour être l’auteur de "Kroum l’ectoplasme") a écrites sous forme de duos de personnages sur le thème du mariage et de ses conséquences.
Le spectacle est composé de deux parties distinctes titrées "Représailles" et " Epousailles". La première partie, très rythmée, raconte le quotidien d’un jeune couple saisi dans des moments d’humeur contrastée, mais le plus souvent en désaccord, passant sans cesse de l’élan de séduction à la rupture du courant amoureux.
Cette première partie à deux personnages foisonne d’idées drôles, de trouvailles de toutes sortes. Elle fonctionne sur les difficultés à communiquer, sur les dialogues de sourds, sur les embrassades, les ruptures, les cassures, les fêlures, le rafistolage amoureux. Faut-il avoir en main un mégaphone pour se faire entendre de l’autre ou bien faut-il n’émettre aucune parole, simplement bouger les lèvres comme dans les films muets pour mieux attirer l’attention ?
La fausse tentative de suicide est-elle un bon moyen pour apitoyer un partenaire à bout de souffle ?
La deuxième partie, qui met en présence deux couples, est légèrement en deçà de la première qui plaçait la barre haut. Mais on s’amuse aussi et les trouvailles de mises en scène, les clins d’œil constants maintiennent le rythme et la bonne humeur.
Le décor monté sur roulettes regroupe des éléments en faïence, lavabo, bidet, évier, frigo et le réservoir de la chasse d’eau des toilettes contient une mini-bibliothèque…
Une bonne utilisation de la vidéo qui retransmet tout ce qui, dans l’action, se passe hors plateau, confirme la qualité de ce spectacle qui n’est pas irréprochable mais qui fait preuve d’un bout à l’autre d’une fantaisie débridée et bon enfant.
Francis Dubois

Théâtre Nanterre Amandiers
7 avenue Pablo Picasso
92 022 Nanterre Cedex
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 46 14 70 00
www.nanterre-amandiers.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Unwanted »
    L’auteur, chanteuse et chorégraphe de nationalité britannique, Dorothée Munyaneza, est originaire du Rwanda. Marquée par plusieurs films et documentaires sur le génocide rwandais et le viol des femmes... Lire la suite (23 octobre)
  • « La putain du dessus » Une pièce d’Antonis Tsipianitis
    « La putain du dessus » d’Antonis Tsipianitis, une pièce qui connaît un très grand succès en Grèce, retrace le destin d’une femme née dans une petite ville industrielle du nord-ouest du pays. Jeune,... Lire la suite (21 octobre)
  • « Pièce en plastique »
    Dans cette pièce écrite en 2015, Marius von Mayenburg met en scène une famille, bien installée socialement, dont il excelle à montrer les rêves avortés, les contradictions, les frustrations et le mal... Lire la suite (20 octobre)
  • « Le poète aveugle »
    Jan Lauwers appartient à une génération d’artistes reconnus dans toute l’Europe, qui réinvente une écriture où se mêlent théâtre, musique, installation et danse. C’est la première fois qu’il est invité à La... Lire la suite (20 octobre)
  • « Haskell Junction »
    C’est à l’occasion d’un voyage au Canada, où il découvre la ville de Stanstead installée sur la frontière canado-étasunienne que Renaud Cojo a l’idée de cette pièce. À l’heure où des migrants poussés par... Lire la suite (19 octobre)