A la découverte de l’établissement

Et l’éducation prioritaire ?

L’éducation prioritaire est née en 1981 pour « corriger l’inégalité [sociale] par le renforcement sélectif de l’action éducative dans les zones et dans les milieux sociaux où le taux d’échec scolaire est le plus élevé ». Le creusement des inégalités sociales et la libéralisation de la carte scolaire notamment ont encore accentué les difficultés de ces établissements. Bien souvent, les choix politiques ont conduit à faire des établissements classés des lieux d’expérimentation et de dérégulation. La refondation de l’éducation prioritaire (EP) a défini deux labels REP et REP+. La carte de l’Éducation prioritaire a été révisée selon quatre indicateurs nationaux (taux de boursiers, taux de CSP défavorisées, taux de redoublants à l’entrée en Sixième, taux d’élèves résidant en zone urbaine sensible). Le choix d’un maintien d’un périmètre quasiment identique tout en classant les collèges de Guyane et de Mayotte a conduit au déclassement ou au non-classement d’établissements relevant des critères nationaux notamment des ruraux ou ceux connaissant une forte polarisation. Les lycées en ont été exclus. La carte de l’éducation prioritaire révisable pour la rentrée 2019 a été gelée. La vision du ministère d’une EP territoriale en lien avec la politique de la ville et « individuelle » pour combattre les fragilités scolaires et sociales fait craindre la mise en œuvre d’une future carte de l’EP restreinte aux seuls REP+ accompagnée d’une délabellisation massive de collèges. De plus, la mise en œuvre des « cités éducatives » et/ou des EPLESF (établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux) prévus dans le projet de loi sur l’École de la confiance montre bien la volonté d’avoir pour ces publics une ambition limitée « au lire, écrire, compter et respecter autrui » et le désir de développer l’apprentissage comme orientation.

Les personnels affectés en EP, bénéficient de primes. Or, les REP+ sont souvent des terrains d’expérimentation de la déréglementation pour introduire l’intéressement collectif et le salaire au mérite par le biais ces primes. Les personnels bénéficient aussi d’une pondération horaire de 1,1. Cette réduction du temps de service est la reconnaissance notamment « du temps consacré au travail en équipe nécessaire à l’organisation de la prise en charge des besoins particuliers des élèves qui y sont scolarisés… ».

Exigez que les élèves partent en même temps en stage et non par demi-division. Exigez que les périodes de stage ne soient pas trop longues. Le SNUEP-FSU demande une réduction importante du nombre de semaines en entreprise qui doivent être des périodes d’application et non de formation évaluative.

REP comme REP+ doivent recevoir les moyens à la hauteur de leurs besoins pour améliorer sensiblement les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels afin de centrer les efforts sur les apprentissages scolaires et assurer le même niveau d’exigence pour tous les élèves. Le SNES-FSU, le SNEP-FSU et le SNUEP-FSU continuent de demander l’élargissement du nombre d’établissements classés en éducation prioritaire ainsi que l’inclusion des lycées dans cette carte.

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