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Un film de Eyal Sivan (France)

"État commun, conversation potentielle (1)" Sortie en salles le 9 octobre 2013

L’écran est partagé en son milieu. D’un côté, apparaît celui qui s’exprime et de l’autre, celui qui écoute. C’est ce dispositif original et inédit qu’ "Etat commun, conversation potentielle(1)" propose pour mettre en avant un concept révolutionnaire.

Vingt ans après les accords d’Oslo, la situation reste dans l’impasse au Moyen-Orient. Le dispositif d’"État commun " propose d’abandonner la notion de partition du territoire pour aller vers celle du partage.

Grâce au montage, se réalise une rencontre à laquelle le conflit s’oppose depuis si longtemps.

entre des juifs israéliens et des arabes palestiniens d’Israël, des territoires occupés ou de la diaspora, des responsables politiques et des militants, des réfugiés et des colons, des jeunes, des vieux, des universitaires et des artistes, tous fils et filles d’un pays qui s’étend entre le Jourdain et la mer.

Le film de Eyal Sivan est une mise en scène de la parole et de l’acte d’écouter.

Rien d’autre que l’apparition en buste sur deux demi-écrans de philosophes, d’historiens, de psychiatres, de journalistes, de chercheurs, d’architectes mais aussi de militants politiques ou d’un membre fondateur de la campagne palestinienne pour le boycott culturel et académique d’Israël….

Le dispositif mis en place devient un outil qui fait s’interroger le spectateur sur la manière dont les gens peuvent vivre ensemble.

Quelques phrases marquantes des échanges donnent le ton de ce film qui tour à tour, lance des propositions d’ouverture ou au contraire s’enferme dans une position cadenassée.

"Toute partition implique un transfert de population". Il ne faut pas parler de partition mais de partage". "C’est où Israël ? C’est où la Palestine ?"

Douze intervenants israéliens et autant d’intervenants palestiniens se partagent l’écran deux heures durant. La sincérité du propos, qu’il aille dans le sens de l’ouverture ou du refus de toute concession, garde intact de bout en bout l’intérêt du spectateur grâce au dispositif et à un travail de montage virtuose.

Mais ne serait-ce pas parce que le dialogue que met en place le film nous donne à penser qu’il serait chose possible.

Francis Dubois

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