Communiqués

Etats généraux de la sécurité : pour quoi faire ?

Le Ministre de l’Education vient d’annoncer l’organisation d’Etats généraux de la sécurité à l’école pour le mois d’avril.

Les événements qui avaient suscité une vive émotion à la fin de l’année scolaire dernière avaient immédiatement conduit le Ministère à promouvoir des mesures sécuritaires comme la mise en place de portiques de sécurité, de vidéosurveillance et les équipes mobiles de sécurité. Après les graves incidents qui se sont déroulés dernièrement, Luc Chatel s’est immédiatement engagé dans une accélération de la sanctuarisation des établissements scolaires. Or, que ce soit à Chanteloup-lès-Vignes l’an dernier ou à Vitry et à Thiais aujourd’hui, les agressions ont montré combien ces mesures ne permettent pas de juguler la violence en milieu scolaire, d’autant que certaines d’entre elles se font au détriment de l’encadrement éducatif des élève, telles les équipes mobiles de sécurité qui sont financées sur les crédits destinés aux assistants d’éducation.
Plus largement – et tous les enseignants et les personnels d’éducation le savent bien – les contrôles à l’entrée des établissements scolaires, s’ils sont parfois nécessaires, ne règlent en rien l’immense majorité des actes de violences qui ont lieu dans les établissements car ils ne sont pas le fait de personnes extérieures à l’établissement.

Confronté aujourd’hui à la mobilisation des personnels qui dénoncent notamment les suppressions de postes qui se succèdent d’année en année et qui conduisent inexorablement à la fragilisation de leurs établissements, le Ministre fait une annonce qui ressemble à une tentative pour gagner du temps.

Pour autant, le SNES estime nécessaire de prendre enfin à bras le corps la question de la violence en milieu scolaire et d’engager une réflexion large et approfondie.
Pour que ces Etats généraux ne soient pas un simple instrument de communication ministérielle, ils devraient impérativement associer les personnels, prendre en compte toutes les dimensions – scolaires, sociales et matérielles – de la violence, intégrer la dimension éducative dans la lutte contre cette violence. Cela rend inévitable d’augmenter le nombre de personnels d’enseignement et d’éducation prioritairement dans les établissements dits « difficiles » et de mener une lutte résolue contre la difficulté scolaire.

Mais on peut douter de la volonté du Ministre d’organiser une telle réflexion prenant en compte tous les éléments conduisant à cette violence. Il persiste en effet à nier la responsabilité du gouvernement dont la politique d’assouplissement de la carte scolaire et les suppressions massives de postes notamment ont favorisé la montée de la violence dans les établissements et se refuse à envisager la question des personnels nécessaires.

Pour le SNES, il est donc urgent que le gouvernement prenne réellement la mesure de la violence scolaire. Il attend donc du ministre des précisions sur l’ampleur, le calendrier, le champ de réflexion et les conditions de tenue de ces états généraux.

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