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Un film de Fara Sene (France)

"Être" Sortie en salles le 10 juin 2015

Un policier s’interroge sur la valeur de sa mission, sur les raisons de l’état mental déficient de sa femme, sur l’énergie que son gamin de dix ans garde envers et contre tout.

Une jeune fille adoptive mal dans sa peau a peut-être trouvé l’âme sœur en la personne d’un mitron provincial qui a décidé de se libérer du joug familial.

Un jeune garagiste, récemment sorti de prison, veut se racheter une conduite pour assumer sa prochaine paternité mais ne supporte plus le décor de la cité où il vit.

Une "sdf " plus très jeune cherche, à défaut de reconnaissance, les quelques instants de douceur et de confort que pourrait malgré tout lui apporter la vie…

Ces personnages vont se croiser et tisser avec leurs différentes histoires, une trame d’humanité…

Cinema : Etre

Fara Sene est un ancien basketteur reconverti dans la production de films.

Pour son premier long métrage, il a opté pour le film choral.

Il a choisi d’écrire plusieurs histoires étrangères les unes aux autres avec, ici et là, quelques points possibles d’achoppement.

" Être " est un film d’une grande naïveté qui juxtapose des histoires dont le point commun est de reposer sur des bases improbables. Les personnages sont à peine esquissés, sans épaisseur et restent jusqu’au bout des silhouettes fragiles pour ne pas dire inconsistantes.

On admettrait qu’un policier s’interroge sur la portée d’un travail routinier qu’il effectue en duo avec le même collègue. Mais si son tracé d’homme mal dans sa peau ne suffisait pas, fallait-il pour autant le flanquer d’une épouse dépressive qui le laisse seul responsable de l’éducation d’un enfant dont il s’acquitte (forcément) mal ?

Il ne suffit pas de deux ou trois scènes maladroites pour décrire le mal être d’Ester, une jeune fille de couleur qui a été adoptée par une famille bourgeoise. Rien, sinon des personnages à peine esquissés de parents maladroits dans la façon de témoigner leur amour.

Ses doutes justifient-ils que la jeune fille (qui n’est plus une adolescente) soit amenée à répondre à une proposition bien hasardeuse, émanant d’un jeune boulanger candide.

On sait les périodes difficiles que connaissent à leur sortie de prison les anciens taulards. Mohamed semble avoir trouvé la voie de la rédemption avec une compagne équilibrée qui attend un bébé de lui. Mais la situation fragile ne suffisait pas non plus. Il fallait la compliquer avec la présence sous le toit du jeune couple, de la mère de Mohamed atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Et cette femme sdf qui trimballe son baluchon ? Elle trouvera reconnaissance en sauvant d’un accident de la circulation, un gamin qui n’est autre que le petit frère adopté d’Ester…

Tout cela est tiré par les cheveux, maladroit, naïf…

Et même si on devine dès les premières images que le film va obéir à tous les clichés possibles et tomber dans les dénouements les plus prévisibles, on espère qu’il va à un moment ou à un autre s’évader, prendre le large et nous surprendre.

Mais rien de la moindre trace d’une originalité salvatrice ne survient pour donner le plus petit relief à une narration indigente dont on se demande comment elle a pu susciter l’intérêt de producteurs et obtenir un financement.

A-t-on misé sur la présence au générique d’un Bruno Solo qui a si peu à défendre qu’il s’enlise dans une composition pour le moins mièvre ?

Francis Dubois

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