Les rapports ministériels

Etude docimologique du baccalauréat 2003

La DEP* vient de publier une « étude docimologique du baccalauréat de la session 2003 » et une analyse complémentaire centrée sur le baccalauréat S.

A partir des résultats, triés par séries, spécialités et disciplines, l’étude dégage les corrélations entre les notes obtenues dans chaque discipline et le résultat final à l’examen. Ainsi en série ES-spécialité SES, 90% des candidats ayant obtenu plus de 10 en mathématiques sont reçus à l’issue du premier groupe, tandis que 85% des candidats en S-spécialité maths qui ont moins de 10 en physique-chimie sont ajournés ou convoqués au second groupe. Ces constats associés à une étude de répartition des notes dans les différentes disciplines et à des comparaisons dans les répartitions sociologiques ou par âge des candidats dans une série donnée peuvent ouvrir des pistes de réflexion intéressantes sur les épreuves ou la place des disciplines dans telle ou telle série.

Peu compréhensible en revanche est la confusion entretenue (et présente dès l’avant-propos de la directrice de la DEP), entre corrélation et causalité : parler de « matières discriminantes », de « l’impact réel » des épreuves ou écrire, à partir du constat cité ci-dessus, que l’épreuve de physique-chimie serait celle qu’il « ne faudrait pas rater » pour obtenir le bac S sont des glissements pour le moins curieux de la part de statisticiens !

On retrouve ces dérives dans la partie décrivant les « matières les plus prédictives de la réussite au baccalauréat » : dans la plupart des cas, les seuls résultats dans les épreuves des 4 ou 5 disciplines qui marquent la série permettent de retrouver à plus de 90% les résultats du premier groupe. En déduire pour autant des stratégies de réussite ou conclure sur l’importance de telle ou telle discipline dans une série est inacceptable.

Le SNES met en garde contre l’interprétation abusive d’une telle étude au moment où la réduction du nombre d’épreuves au baccalauréat demeure un objectif ministériel : pouvoir « prédire » à 90% les résultats du premier groupe à partir des résultats à quelques épreuves ne justifie pas la réduction du nombre d’épreuves du premier groupe en marginalisant les autres disciplines et modifiant profondément le contenu même du baccalauréat et de la formation dont il est l’élément final.

On ne peut donc que regretter le parti pris dans la présentation de cette étude, de qualité, et l’absence des mises en garde indispensables qui devraient l’accompagner : mais peut-être n’est-ce pas un hasard après l’échec ministériel de réforme du baccalauréat en 2005 ?

Roland HUBERT
roland.hubert@snes.edu

*Dossier N° 172 Étude docimologique du baccalauréat de la session 2003

Note d’information 5-38 (décembre 2005)

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