Réglementation

Evaluation en CCF, l’indigestion !

POUR UN USAGE PARCIMONIEUX DE L’EVALUATION EN CCF

EVALUATION EN CCF : L’INDIGESTION

 

La généralisation de l’évaluation en CCF s’affirme avec l’entrée en vigueur en septembre 2008 du nouveau référentiel du BTS Assistant de Manager suivi en 2009 par le BTS Assistant de Gestion PME-PMI. Suivant la voie tracée par le BTS Commerce International, tous les nouveaux référentiels présentés récemment en CPC comprennent au minimum 5 situations d’évaluation Le SNES s’est toujours élevé contre la montée en puissance des ce dispositif d’évaluation en votant contre les règlements d’examen en CPC et en tentant de renégocier le contenu des épreuves au sein des groupes de travail. Face à la passivité des autres syndicats de salariés et du patronat, certes sur des thèmes plus pédagogiques que politiques, le SNES s’est retrouvée la seule organisation à défendre les conditions de travail des enseignants, dégradées par cette nouvelle charge de travail.

 

Sans manichéisme et au-delà des positions de principes, quel constat peut-on effectuer après deux années de pratique de l’évaluation en CCF dans les STS commerciales ?

 

 

 

Pour les étudiants

Pour les enseignants

Points positifs

-          Plus forte implication dans le domaine professionnel tout au long de l’année scolaire

-          Meilleure perception de la finalité des enseignements délivrés

-          Satisfaction liée à la réalisation de dossiers en phase avec leur vie professionnelle future

-          La note attribuée reflète l’engagement, les efforts et les résultats du travail de l’étudiant (aléa moindre qu’en évaluation ponctuelle)

-          Satisfaction quant à la qualité du rendu de certains travaux

-          Accroissement de l’autonomie pédagogique

-          Possibilité de mobiliser les étudiants sur des projets de court et de moyen terme, évalués au sein de plusieurs situations de CCF

 

Points négatifs

-          Difficulté à gérer le surcroît de travail pour les étudiants les plus faibles ou travaillant parallèlement à leur formation (croissance des démissions)

-          Sélection des matières travaillées en fonction du calendrier des CCF

-          Difficulté de positionnement des étudiants (l’étudiant n’a pas connaissance de la note attribuée)

-          Surcroît de travail : l’évaluation se fait partiellement et souvent hors des heures de cours

-          Lourdeur de la gestion administrative des dossiers

-          Nécessité de mettre en place une double évaluation (dossiers scolaires des étudiants)- Le temps consacré à l’évaluation croît fortement alors que le nombre d’heures de formation régresse

-          Moindre intérêt des étudiants pour l’enseignement général

 

 

Face à ce bilan mitigé, le SNES demande :

 

-         Une limitation du nombre de situations d’évaluation à 4 dans chaque BTS rénové

(afin que l’enseignement délivré ne s’apparente pas à un exercice de formatage plaçant l’étudiant en situation d’évaluation permanente),

-         L’usage du CCF uniquement lorsque l’évaluation repose sur des compétences et attitudes, dont le contexte d’appropriation est l’univers professionnel (stage, mission, projet…)

-         Le maintien de l’évaluation sous un forme ponctuelle de l’ensemble des enseignements généraux, et notamment du management. La mise en place de sujets écrits en CCF n’étant qu’une parodie de l’évaluation ponctuelle, peu équitable, qui n’a d’autre justification que budgétaire

-         La reconnaissance officielle et matérielle de la surcharge de travail occasionnée par cette forme d’évaluation

-         Un bilan approfondi de la mise en place du CCF en STS, bilan basé sur une enquête qui serait réalisée auprès des étudiants, des enseignants, des professionnels concernés par cette révolution des méthodes d’évaluation. Les rénovations à venir ne sauraient s’appuyer à priori sur le bien fondé des CCF.

 

 

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