Evaluations

Evaluations nationales de Sixième : du nouveau à la rentrée 2020 mis à jour le 07 juillet 2020

Qu’en sera-t-il réellement des évaluations nationales de début d’année au collège ?

Le 23 juin dernier, sur France Inter, le ministre a déclaré qu’ "il va y avoir un plan ultra volontariste d’évaluations au début de l’année" et promet qu’ "en Sixième, elle sera particulièrement robuste en français et en maths". "Pour tous les élèves, il va y avoir une évaluation de début d’année pour chaque niveau", puis il a poursuivi en disant qu’elle relèverait de l’autonomie de l’établissement. On sait que c’est un projet auquel il « tient beaucoup », avec l’objectif d’une mesure systématique des résultats des établissements, voire des enseignants. Est-ce vraiment de cela dont les élèves auront besoin après un troisième trimestre chaotique ?
Alors que les cours se terminent, la circulaire de rentrée n’est toujours pas publiée pour lever les derniers doutes. Le SNES-FSU a été reçu en audience sur la question de ces évaluations:pPour tous les autres niveaux des banques de tests de positionnement seront mises à disposition.

Des nouveautés pour les évaluations nationales de Sixième :

Elles seront avancées à la deuxième quinzaine de septembre de façon à pouvoir jouer leur rôle diagnostique. Les mots de passe seront raccourcis, ce qui est une bonne nouvelle car certains élèves perdaient beaucoup de temps pour se connecter à l’évaluation, en entrant des mots de passe erronés.
-  En mathématiques : il y aura moins d’items.
-  En français : les élèves seront testés sur des textes longs dont l’un sera lu par l’enseignant. Il y aura mesure d’un indice de fluence en lecture. Des items et les réponses des élèves à ces items seront extraits et l’enseignant de français en aura connaissance. Le SNES-FSU avait fait remarquer les années précédentes que c’était une condition nécessaire pour que ces évaluations puissent avoir une portée pédagogique. Elles présentées par le ministère comme permettant de mieux accompagner les élèves en AP.

Evaluations de Sixième et IVAC

Les évaluations de Sixième ont aussi pour objectif de construire un indice de valeur ajoutée des collèges (IVAC), avec les résultats du DNB. Les établissements peuvent ainsi être partiellement évalués.
Parallèlement, le Conseil d’évaluation de l’école (CEE), créé par la loi "pour une école de la confiance", a été mis en place le 30 juin. Deux de ses missions sont : de veiller à la cohérence des évaluations conduites par le ministère portant sur les élèves, les dispositifs éducatifs et les établissements d’enseignement, et aussi de définir la méthodologie et les outils permettant l’évaluation des établissements scolaires.
Sa présidente Béatrice Gille a déclaré que l’objectif est d’installer "une culture de l’évaluation" dans les établissements scolaires, ce qui est typique du néomanagement public. il s’agirait alors moins de se renseigner sur les élèves que de contraindre les collègues.

L’avis du SNES-FSU :

Si des évaluations standardisées se généralisaient à tous les niveaux du collège, outre les établissements, ce seraient aussi les enseignants qui pourraient être évalués comme au Royaume-Uni où l’on a vu les déviances provoquées par cette méthode, comme le « teach for test ». Le SNES-FSU s’y oppose et demande de revenir à des évaluations sur échantillon comme c’était le cas auparavant. Ce n’est pas tant de nouvelles évaluations dont les élèves auront besoin que d’aménager et alléger les programmes pour leur donner le temps de rentrer dans les enseignements en septembre.

Communiqué de presse intersyndical (Se Unsa, Sgen Cfdt, Snes-FSU, SNUep-FSU, SNUipp-FSU et UNSEN CGT éduc’action) :

Une rentrée mal évaluée !

Vendredi 26 juin, les organisations syndicales des 1er et 2nd degrés ont été reçues par le ministère pour présenter les grands principes des évaluations nationales standardisées CP, CE1 , 6ème, 2nde et CAP de la rentrée 2020

Pour tous les autres niveaux des banques de tests de positionnement seront mises à disposition. L’ensemble permettrait alors de proposer aux élèves des dispositifs de soutien individualisés.

Ces évaluations nationales standardisées font craindre la multiplication des dispositifs de remédiation trop individualisés, une vision normée des apprentissages et des formes pédagogiques basées sur les entraînements mécaniques, la répétition et l’automatisation qui ne permettent pas d’accéder à la compréhension.

Après des mois d’isolement, de déstabilisation, les élèves ont d’abord besoin que soient recréées des dynamiques pédagogiques collectives et de retrouver confiance. Les enseignants ont d’abord besoin qu’on fasse confiance à leur professionnalité, pour, dans le cadre de leur liberté pédagogique, mettre en œuvre les situations d’apprentissages et construire leurs outils en fonction des besoins. Les équipes auront surtout besoin qu’on leur donne du temps pour adapter leurs progressions et programmations au regard de cette rentrée hors norme.

Elles demandent donc au ministre de l’Éducation nationale que les outils d’évaluation soient mis à disposition des équipes sans être imposés et que les besoins statistiques de connaissance du système éducatif soient réalisés sur échantillons.

De plus, les organisations syndicales, Se Unsa, Sgen Cfdt, Snes-FSU, SNUep-FSU, SNUipp-FSU et UNSEN CGT éduc’action, exigent que le ministère donne d’autres signes de préparation de cette rentrée 2020 qui ne ressemble à aucune autre et y assortisse les moyens nécessaires pour lutter contre les inégalités mises en lumière pendant le confinement.

Cette rentrée doit être préparée en anticipant plusieurs scénarii en faisant confiance aux personnels, en leur donnant le temps et les moyens nécessaires, et en s’appuyant sur leur expertise et leur professionnalisme.

Non, les évaluations nationales standardisées et autres tests ne peuvent être l’alpha et l’oméga de la rentrée 2020.

Paris le 3 juillet 2020

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