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Un film de Jones (Angleterre)

"Everyone’s going to die" Sortie en salles le 9 juillet

Ray, la quarantaine sonnée, est à un tournant d’une vie dont le bilan n’est pas probant.

Mélanie avance à tâtons et pour elle, perpétuelle insatisfaite, la vie n’en finit pas de commencer.

Sur quoi pourrait déboucher la rencontre de ces deux êtres cabossés, chacun prisonnier de ses incertitudes ?

Jones est un duo de réalisateurs londoniens venant l’un de la publicité et du documentaire et l’autre de la "conception artistique".

Après avoir réalisé des clips et avant de s’installer dans une routine confortable, ils décident d’entreprendre la réalisation de leur premier long métrage. Mais ils ne disposent pas du premier sou pour commencer le tournage.

Ils fixent le financement à une somme qui n’irait ni au-delà de 100 000e€, ni en de ça de 40 000. Ils réuniront finalement avec 60 000 €.

"Everyone’s going to die" va s’inspirer, pour ce qui est des contraintes financières, des productions du cinéma indépendant américain tournées avec un tout petit budget.

Le nombre de personnages est réduit à deux et l’action se passe sur deux jours pour éviter les problèmes de continuité.

L’histoire sera celle d’une rencontre platonique et toute réalité sociale qui apparenterait le film aux caractéristiques d’un premier film anglais se trouvera écartée du scénario.

Si le titre n’annonce pas une comédie, le film de Jones n’est pas non plus un drame. Il se situe dans une sorte de flottement, de précarité narrative qui lui permet d’échapper à un genre précis.

Si les deux personnages, à la recherche d’eux-mêmes ou de la confirmation qu’ils n’iront pas plus loin que là où ils en sont, baignent dans une demi-mélancolie, ils ne sont jamais désespérés.

Ils connaîtront, en rapprochant leurs solitudes et leurs tâtonnements, une sorte de répit dans leurs existences, une parenthèse presque sereine.

Un peu comme si, pour un moment, ils déposaient à leurs pieds un bagage trop lourd, il reprennent leur respiration profonde.

Leur rencontre restera platonique même si l’attirance qu’ils éprouvent l’un pour l’autre est palpable et s’ils ont, ici et là, conscience que rien de ce qu’ils vivent ensemble ne se reproduira jamais.

La caméra accompagne les deux personnages avec une douceur, une fluidité dans les mouvements qui donnent une tonalité apaisante au film de Jones, même si au fil des différents épisodes de cette ballade à deux, une légère inquiétude peut survenir.

Le danger ne vient pas d’événements extérieurs qui pourraient menacer mais des personnages eux-mêmes et de leur douce obstination à barrer le chemin à ce qui pourrait être le bonheur.

Une comédie romantique singulière, bâtie sur l’éphémère.

Francis Dubois

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