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Un film documentaire de Laurent Chevallier (France)

"Expérience africaine" Sortie en salles le 25 mars

Il existe au collège de Marciac, dans le Gers, une section Jazz. L’établissement doit d’ailleurs sa survie menacée par la désertification rurale, à la création de cette option artistique unique en France.
L’"Expérience africaine" est celle qu’auront vécue six élèves de cette section en jouant dans un premier temps, dans le cadre de leur établissement scolaire avec les jazzmen de renom qu’ils ont accueillis et, dans un deuxième temps, en se rendant eux-mêmes en Afrique, sur les lieux où le jazz a ses racines.
Cet échange n’aura pas seulement servi à enrichir leur culture musicale mais il aura été aussi un voyage initiatique, l’occasion avec la découverte d’un pays qui leur était inconnu, d’un enrichissement et d’une ouverture sur une autre culture, une autre vision de la vie.
Momo Wandel, le doyen du jazz africain avait écrit la musique de certains films réalisés par Laurent Chevallier dont "Circus Baobab" et "L’enfant noir".
A sa mort, le cinéaste a réalisé un film en hommage au musicien et c’est ce film qui a attiré l’attention de Jean-Louis Guilhaumon, le créateur du Festival, à la fois Maire de Marciac et Principal du Collège.
De là est née l’idée du film : faire se rencontrer les collégiens apprentis jazzmen et le groupe "Fôlifö" constitué d’anciens musiciens de Momo Wandel.
De Marciac à Conakry, de la campagne gersoise à la capitale guinéenne six adolescents ont vécu une aventure musicale et humaine.
Le film de Laurent Chevallier se compose de quatre périodes distinctes.
Celle qui décrit la vie au collège, la cohabitation entre ceux qui font qui font de la musique et ceux qui n’en font pas, ceux qui vivent à l’internat et ceux qui rentrent chez eux le soir.
Dans un second temps, on assiste à l’arrivée des musiciens de Momo au collège, au déballage et à la découverte des instruments de musique locaux, peaux de chèvres, fûts en bois rouge, tubes de bambou qu’ils ont fabriqués eux-mêmes, aux premières répétitions.
Puis, c’est le fameux grand soir au festival à Conakry quand Abou, Mansaré, Amadou et les autres bientôt rejoints par les élèves de Marciac ont fait vibrer la Kora, la balafon, la flûte pastorale et le Djembé pour jouer les plus beaux morceaux de l’Afro-swing et rendre ainsi un émouvant mais joyeux hommage à Momo Wendel.
Celle enfin où les collégiens sont invités chez les Fôlifö où, dans un mélange de misère et de dignité, de joie de vivre et de convivialité pure, le mot "accueil"prend tout son sens.
La caméra de Laurent Chevallier n’invente rien. Elle nous présente, sans ajouts ni manières, différents moments de rencontres, de concerts, d’échanges et conduit avec tendresse et émotion, chacun des intervenants sur le chemin d’incessantes découvertes.
Un rien d’angélisme mais beaucoup de sincérité marquent ce film qui est un hommage au jazz et à ses musiciens et qui souligne les effets bénéfiques et les prolongements possibles de l’enseignement des matières artistiques à l’école.
Francis Dubois

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