Ecole du socle ou école des savoirs fondamentaux, ruralité et expérimentations

Expérimentation : que dit la réglementation ? Ecole du socle, de cycle, classes coopératives...

Dans le Lot, depuis 6 ans, les DASEN successifs tentent par des biais divers la « restructuration des collèges » : fermeture des plus petits et regroupement sur les plus gros. Ce fut la politique des « collèges du socle » (fermetures et mise en réseau écoles primaires-collèges pour la gestion des moyens) puis celle des « collèges de cycle » (fusion administrative de collèges et organisation autour des cycles avec le primaire toujours : un collège spécialisé « cycle 3 CM 1/2 et 6° » ; l’autre « cycle 4 »). Jusqu’à présent, ils ont échoué en raison de deux écueils : le conseil départemental (pour lui, un collège de moins lui coûterait plus que le maintien) et les maires (les collèges de cycles menacent, dans le 1er degré, les petits RPI, regroupements pédagogiques intercommunaux) ?
Des écoles du socle se développent ailleurs en France.


L’expérimentation : outil de la dérégulation

Des expérimentations pédagogiques – approuvées au préalable par l’autorité académique – peuvent être mises en place pour une durée maximale de cinq ans, avec une évaluation annuelle. Instituées par l’article 34 de la loi d’orientation Fillon de 2005 (article L.401-1 du code de l’éducation), ces expérimentations doivent recevoir l’approbation du CA pour être mises en place, et leur évaluation annuelle doit y être présentée. Si elles peuvent porter notamment « sur l’enseignement des disciplines, l’interdisciplinarité, l’organisation pédagogique de la classe, de l’école ou de l’établissement, la coopération avec les partenaires du système éducatif », elles visent la plupart du temps à contourner au niveau local ce que la profession a refusé. Pour le SNES-FSU, les expérimentations ne peuvent se faire sans débat, sans projet des équipes, ni se trouver en contradiction avec les horaires nationaux des élèves ou avec la définition du service des personnels.

Écoles du socle ou de cycle

Le ministère tente d’imposer une mutation profonde du collège en le « primarisant ». Au prétexte de mieux articuler les enseignements de l’école et du collège, de faciliter la transition, il nie l’importance pour la progression des élèves de la structuration en disciplines et met en place un empilement de structures technocratiques pour imposer les « bonnes pratiques innovantes » : création d’un cycle CM1-CM2-Sixième, création du conseil école-collège et une réforme du collège dans laquelle la possibilité « d’expérimenter », notamment avec l’école primaire, risque d’aller crescendo.

Le conseil école-collège, instauré dans la loi de refondation de l’école « propose au conseil d’administration du collège et aux conseils des écoles des actions de coopération et d’échange ». Dans ce cadre, « le conseil école-collège peut notamment proposer que certains enseignements ou projets pédagogiques soient communs à des élèves du collège et des écoles ». Après accord du conseil d’administration et des conseils des écoles, les enseignements ou projets communs sont mis en œuvre dans les collèges sous l’autorité du chef d’établissement et dans les écoles sous la responsabilité des directeurs d’école. Une usine à gaz pour mettre sous tutelle les pratiques pédagogiques alors que dans le même temps on exhorte les enseignants à l’autonomie, on laisse se faire de plus en plus au local des choix qui devraient relever d’un cadrage national.

AGIR POUR UN VRAI PROJET D’ÉTABLISSEMENT

Donner du temps à la concertation... On ne peut ni analyser la portée du précédent projet ni anticiper les besoins à venir pour l’établissement si nous ne disposons pas de temps supplémentaire. Le projet d’établissement ne doit pas être un catalogue de mesures disparates et doit être élaboré avec l’ensemble des personnels et des membres de la communauté éducative concernés. Le chef d’établissement peut par exemple demander à banaliser une journée.

Faire valoir les principes du SNES-FSU... Respect des programmes et des orientations, respect des horaires et des formations, respect de l’égalité des chances et de la gratuité, respect des statuts et garanties des personnels. Le SNES-FSU rappelle qu’aucune forme d’évaluation (suppression des notes, compétences...) ni aucune pratique ne peut être imposée. Cela relève de la liberté pédagogique et ne peut aller à l’encontre des choix des enseignants, qu’ils soient individuels ou collectifs.

LES TEXTES
Projet d’établissement R.421-3.
Projet d’établissement et expérimentations L 401-1.
Contrat d’objectifs R.421-4.
Texte législatif relatif à la liberté pédagogique. Art.L.912-1-1 du code de l’éducation
« La liberté pédagogique de l’enseignant s’exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l’Éducation nationale et dans le cadre du projet d’école ou d’établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d’inspection. Le conseil pédagogique prévu à l’article L.421-5 ne peut porter atteinte à cette liberté. »

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