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Un film de Stephen Daldry (USA)

"Extrêmement fort et incroyablement près" Sortie en salles le 29 février 2012

Oskar Schell est un collégien de onze ans, étonnamment mûr et sensible pour son âge. Il est d’une grande intelligence et développe un comportement hors du commun, curieux de tout, obsessionnel et excentrique.
Il vit une relation complice et fusionnelle avec son père jusqu’à ce que celui-ci périsse le 11 septembre 2001 dans l’explosion de l’une des tours jumelles.

Or, Thomas Schell, utilisant les dispositions intellectuelles d’Oskar, son esprit méthodique, lui proposait des missions de reconnaissance sous la forme d’énigmes que l’enfant devait résoudre. Des exercices qui lui permettaient de s’ouvrir au monde en dépit de son inadaptation sociale.
Lorsqu’ Oskar découvre dans les affaires de son père une mystérieuse clé, il se sent aussitôt nanti d’une mission : retrouver la serrure correspondante.
Après avoir répertorié et localisé les 472 habitants de New-York du nom de Black qui figurait sur l’enveloppe contenant la clé, il décide de se mettre à sillonner la ville.
Méthodiquement il quadrille un plan de la ville et chaque jour, part pour une mission qu’il doit mener seul puisque sa mère et sa grand’mère seraient, l’une et l’autre, autant d’obstacles à son colossal et imprudent projet qui l’amène à traverser les quartiers de Manhattan, Brooklyn, le Bronx ou Staten Island.
Pourtant, ayant percé le mystère de l’enfant, un adulte l’accompagnera un moment dans sa recherche. Il s’agit d’un vieil homme énigmatique à qui la grand’mère loue une partie de son appartement et qui, dans le film, est campé avec un humour et une espièglerie inattendues, par Max Von Sydow le grand interprète de nombreux films d’Ingmar Bergman.
"Extrêmement fort & incroyablement près" est traité du point de vue d’Oskar, et sa farouche détermination est guidée par le souvenir fidèle ou idéalisé que le gamin conserve de son père. Leur complicité qui sera le déclencheur de la quête de l’enfant était elle aussi forte, aussi complémentaire et harmonieuse qu’il y paraît ?
Est-ce à la personnalité singulière de son fils que le père répondait ou bien le moteur était-il la démarche éducative d’un père attentif qui avait un effet sur la curiosité et l’imaginaire de son enfant dont il avait détecté l’étendue des capacités ?
C’est sur cette relation fusionnelle que fonctionne tout le récit conduit jusqu’aux limites du vraisemblable, jusqu’aux frontières du réalisme et du conte.
Tom Hanks interprète magnifiquement une présence paternelle constructive et Max Von Sydow, en personnage muet ne communiquant avec l’enfant que par billets interposés, apporte avec ses mimiques expressives, sa démarche presque clownesque, un contraste bienvenu de l’image de l’adulte.
Mais le film repose entièrement sur le personnage d’Oskar. Ce très jeune comédien dont c’est la première apparition à l’écran fait preuve d’une autorité de jeu, d’un charisme impressionnant. Ses regards, qu’ils aient la candeur de son âge ou la puissance du jugement, fascinent complètement. Le moindre de ses gestes, ses grandes enjambées pour aller d’un endroit à un autre, la façon dont il exprime le doute, l’inquiétude ou un voile de mélancolie appartiennent au registre de grands interprètes.
Un beau film. De beaux personnages. Un dénouement inattendu.
Francis Dubois

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