Actualité théâtrale

« Fabrice Luchini et moi » Jusqu’au 3 juin au Théâtre La Bruyère

C’est « une histoire vraie qui n’a jamais existé » que nous conte Olivier Sauton, celle d’un jeune homme qui voudrait être acteur. Une nuit sur un pont, il croise Fabrice Luchini, son idole et lui demande d’être son professeur. Surpris, celui-ci accepte, probablement dans un moment d’égarement, car qu’y a-t-il de commun entre le grand acteur amoureux de la littérature et ce jeune homme plutôt inculte et dont la lecture se résume à celle de l’Équipe ?

Théâtre : Fabrice Luchini et moi

En trois leçons, un poème de Beaudelaire, une fable de La Fontaine et la première scène du Misanthrope, la rencontre va s’opérer.

Olivier Sauton a écrit le texte, proche de phrases dont on imagine qu’elles pourraient être de Fabrice Luchini, un Luchini qui dirait à ce jeune homme « le théâtre c’est un lieu où on peut à la fois se divertir et se recueillir », un Luchini à l’humour vachard, aux formules assassines et tellement drôles. Au poème de Beaudelaire le jeune acteur dit ne rien comprendre et Luchini parle, éclaire et se moque de ce garçon qui est surtout fan de sport et de sexe, le « blaireau de base » dans le jugement luchinien. Aviez-vous imaginé la cigale de la fable en clubbeuse qui a passé tout l’été à danser sur le dance-floor à Ibiza ? Et vous entendez Fabrice Luchini faire résonner chaque syllabe et dire « Avec les grands auteurs, même les silences tu peux les jouer »

Sur scène, Olivier Sauton passe d’un personnage à l’autre et réussit le petit miracle d’imiter Fabrice Luchini sans le caricaturer. S’il reprend certains des tics de l’acteur, sa façon d’écarquiller les yeux quand il est surpris par la bêtise ou la naïveté de son élève, sa façon de lever le menton, de mettre ses mains devant sa bouche quand il s’interroge, ses emportements, sa façon d’articuler avec une précision extrême, on sent pourtant toute son admiration pour Luchini. Il offre même au spectateur la réaction de Fabrice Luchini lorsqu’il est venu voir le spectacle, un Luchini troublé de se sentir brusquement dédoublé.

C’est un bel hommage au théâtre, au métier de comédien et en prime on rit beaucoup.

Micheline Rousselet

Du mercredi au samedi à 19h

Théâtre La Bruyère

5 rue La Bruyère, 75009 Paris

Réservations : 01 48 74 76 99

Se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • La Comédie-Française lance La Comédie continue !
    COMMUNIQUÉ DE PRESSE > vendredi 27 mars 2020 > La Comédie continue ! > Tel est le nom de la première chaîne en ligne de la Comédie-Française. > À partir du lundi 30 mars 2020 à 16h, plusieurs levers... Lire la suite (31 mars)
  • « Sois un homme »
    Qu’est-ce qu’être une femme ? La question a beaucoup interrogé écrivain.e.s et philosophes depuis déjà un certain temps. Mais s’agissant des hommes, elle apparaît plus originale tant des siècles de... Lire la suite (17 mars)
  • « Illusions perdues »
    Après ses brillantes adaptations d’Homère ( Iliade puis Odyssée ) et de Chanson douce de Leïla Slimani, Pauline Bayle s’est lancé dans l’adaptation du roman de Balzac. C’est au fonctionnement du... Lire la suite (17 mars)
  • « L’éveil du printemps »
    La pièce de Franck Wedekind fit scandale a son époque (1890) et fut interdite de longues années pour pornographie. Elle offrait un regard osé sur la jeunesse, défendait le désir adolescent et pointait... Lire la suite (16 mars)
  • « Médéa mountains »
    Alima Hamel, la jeune poétesse, musicienne et chanteuse d’origine algérienne évoque ici son histoire personnelle. Elle se souvient du bonheur des vacances familiales quand elle quittait Nantes avec... Lire la suite (12 mars)