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Un film d’Emmanuel Mouret (France)

"Fais-moi plaisir" Sortie en salles le 24 juin

Ariane et Jean-Jacques vivent ensemble même si, pour accéder à leur appartement commun, ils passent par deux entrées distinctes. Ils sont amoureux l’un de l’autre même si Jean-Jacques qui vient de faire une rencontre s’interroge sur les valeurs de la fidélité. Jean-Jacques pense qu’il ne donnera pas suite alors qu’Ariane pense, elle, que le fantasme représente pour leur couple un danger plus grand qu’une aventure qui ne peut être qu’éphémère puisqu’ils s’aiment. Finalement Jean-Jacques revoit Elisabeth sans savoir que cette jeune femme d’entrée acquise à son charme est la fille du président de le République…
Emmanuel Mouret dont "Fais-moi plaisir" est le cinquième long métrage après les remarqués "Changement d’adresse" en 2006 et "Un baiser s’il vous plait" en 2007 est une sorte de Pierrot lunaire confectionneur inspiré des comédies légères, adroites, infiniment drôles et qui reposent sur des sujets et des personnages dans l’air du temps. On pourrait apparenter son inspiration à celle d’un Pierre Etaix -ou de Michel Deville pour l’élégance et la fluidité de certaines scènes-. Mais ce qu’il convient surtout de dire à son sujet, c’est que son cinéma n’appartient qu’à lui.
Ses films dans lesquels il a jusque là toujours joué le rôle principal reposent sur rien de neuf à priori : un personnage d’hurluberlu maladroit qui s’empêtre à force de maladresses accumulées dans des situations inextricables et cocasses mais dont il finit toujours par se tirer.
SNES_FaisMoiPlaisir Jean-Jacques retrouve Elisabeth -Judith Godrèche très drôle-, s’attire les sympathies de son Président de la République de père -somptueux Jacques Weber- et s’embarque dans une soirée mondaine où, de maladresses en quiproquos, le film entraîne le spectateur dans une cascade de gags d’inspiration souvent passe-partout -le coin d’un rideau coincé dans une braguette- mais qui n’allant ni dans l’excès ni dans la caricature, ne plaçant jamais le comique hors des limites de l’effet simple, ne tombe ni dans la vulgarité ni dans la facilité et l’opportunisme. Du coup, les personnages existent et les trois portraits de femmes, celui de la snobinarde doublée d’une brave fille, celui de l’amoureuse simplette ou celui de la tendre soubrette (Deborah François délicate), s’ils ont été conçus pour donner chair à une comédie, n’en sont pas moins des personnages aux contours bien réels.
On avait dit, devant le charme fragile et la singularité des premiers films d’Emmanuel Mouret, qu’il aurait du mal à se renouveler, du moins ave le même bonheur. Il le fait, et ce marivaudage burlesque vient confirmer le talent d’un cinéaste singulier que le grand public devrait finir par découvrir.
Francis Dubois

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