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Un film de Wang Chao (Chine)

"Fantasia" Sortie en salles le 1er juillet 2015.

Il a recueilli une femme et sa fille quand elles se trouvaient en grande difficulté. Avec la femme, ils ont eu un garçon.

Cette famille recomposée vit modestement et dans la plus grande harmonie jusqu’à ce que l’homme tombe malade.

Les médecins diagnostiquent une leucémie qui ne laisse au malade aucune chance de guérison.

Dans un premier temps, l’entreprise où l’homme travaillait a pris en charge les soins hospitaliers mais il est peu probable que la société puisse, à cause de difficultés grandissantes, continuer à aider la famille.

La mère en reconnaissance des services que l’homme lui a rendus en la recueillant tente l’impossible pour que les soins de plus en plus onéreux soient poursuivis.

Elle multiplie les petits boulots et fait le tour de ses relations pour trouver de nouvelles aides financières.

C’est dans le but de gagner de l’argent que la fille devient serveuse dans un établissement de charme où elle ne tardera pas à être sollicitée pour répondre aux sollicitations de clients argentés.

Face à ce climat lourd à vivre, le fils se déscolarise pour s’évader et s’inventer un monde plus respirable

Cinéma : Fantasia

A travers les difficultés dans lesquelles plonge une famille à la suite de la maladie d’un de ses membres, Wang Chao dresse le portrait sombre de la société chinoise.

Sorte d’état des lieux, le récit aborde de front une réalité en même temps que la complexité de la nature humaine face à la souffrance.

Le film se présente sous la forme d’une œuvre chorale puisqu’il prend en compte l’histoire de chacun des personnages quand il est confronté à la maladie du chef de famille.

La mère, qui fut autrefois comédienne, est devenue marchande de journaux dans la rue. Elle se fait un devoir de prolonger autant que possible la vie de l’homme envers qui elle se sent toujours redevable.

Elle inspire au professeur de mathématiques de son fils une sympathie amoureuse qu’elle ne repousse pas et qui, dans les circonstances, lui est d’un certain secours.

La mère est un personnage de plain-pied avec la réalité.

La fille semblait avoir un avenir tout tracé avec un garçon amoureux et délicat. Sa dérive s’amorce avec la maladie de son père adoptif. Pour aider sa mère à faire face aux frais médicaux, elle va mordre le trait et pour clore l’épisode sordide, connaître l’épreuve d’un avortement.

Le fils, dont on peut dire qu’il est à plusieurs titres le personnage principal du récit, se situe à mi-chemin entre la réalité et l’univers poétique qu’il s’est inventé à partir d’éléments du quotidien.

Si " Fantasia" n’est pas un film complètement noir, c’est sans doute grâce à son personnage. Il est à la fois l’adolescent ivre de liberté à l’heure des premiers choix, mais il appartient tout autant à une autre sphère de vie où il est chargé de mystère.

C’est lui, du haut de ses quatorze-quinze ans, qui tranchera dans le vif du déroulement des événements et qui, en lui offrant la mort qu’il souhaitait tant, rendra la vie à son père.

" Fantasia" est un film attachant, solidement construit, esthétiquement très réussi, dont la noirceur est émaillée de moments lumineux.

Francis Dubois

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