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Un film écrit et réalisé par Claudia Llosa (Pérou)

"Fausta, la teta asustada" Sortie en salles le 17 juin

Fausta, une jeune et belle femme péruvienne assiste à l’agonie de sa mère. Or, alors qu’elle était dans le ventre maternel, Fausta a été le témoin du viol de sa mère et du meurtre de son père. Le traumatisme pré natal a laissé entre autre trace, une maladie nommée teta asustada transmise par le lait maternel. Un mal qui prive les êtres de leur âme, celle-ci étant restée cachée dans la terre pour échapper aux souvenirs douloureux et à l’éventualité de nouvelles horreurs.
La mort de la mère oblige Fausta à livrer le secret qu’elle porte en elle depuis bien longtemps : pour échapper à tout risque de viol, elle tient, logée en guise de protection, une pomme de terre dans son vagin.
L’oncle chez qui les deux femmes étaient hébergées demande à Fausta d’aller enterrer sa mère dans son village natal. La jeune femme rentre au service d’une célèbre musicienne à qui elle rend l’inspiration créatrice en lui chantant des poèmes en quechua…
SNES_Fausta
"Fausta" est un film âpre, un film douloureux qui ne fait aucune concession et se livre selon une narration sauvage, du point de vue de la jeune femme, à travers le prisme de son traumatisme.
C’est aussi, d’une certaine façon un poème qui serait dédié au pays lui-même, le Pérou qui, entre 1970 et1990, a traversé des périodes particulièrement noires au cours desquelles des milliers de femmes ont été les victimes de violences de guerre.
A l’image de Fausta qui, petit à petit résorbe ses peurs, le Pérou sorti de la menace du terrorisme et du danger de l’ignorance, se remet progressivement des épreuves terribles qu’il a connues. Une réhabilitation tâtonnante qui ne se fait pas sans mal et impose à ceux qui se souviennent et veulent de nouveau espérer, un parcours semé d’obstacles au terme duquel ils pourront prétendre à une certaine sérénité
Le film qui pourrait se réduire au parcours libérateur de Fausta. passe par des ramifications, des narrations annexes, un certain lyrisme qui l’empêchent d’être totalement sombre. Des fêtes sur des places de fortune émaillent le film et lui rendent un semblant de plaisir de vivre. Des chants retrouvés, l’ébauche d’un sourire, la volonté tenace de Fausta de s’extraire des griffes de la fatalité donnent à l’ensemble une ardeur prometteuse.
Œuvre à la fois froide et chargée d’émotion, "Fausta" est porté par la magnifique interprétation de Magali Solier…
Francis Dubois

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