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Un film de Bartosz Konopka (Pologne)

"Fear of falling" Sortie en salles le 26 septembre 2012

A trente ans, Tomek a toutes les raisons d’être satisfait de sa vie. Il travaille comme reporter à la télévision en attendant une promotion qui le fera bientôt accéder au poste de présentateur du journal télévisé.

Il est marié à Ewa, une jeune femme charmante avec qui il projette de fonder une famille.

Un jour, Tomek reçoit un message d’un hôpital psychiatrique où son père, avec lequel il n’avait plus aucun contact, est interné.

Il décide alors, au risque de compromettre sa carrière professionnelle et sa vie de sa famille, de venir en aide à ce vieil homme qui, égaré dans sa folie, est devenu un danger pour son entourage.

C’est au même moment qu’Ewa lui annonce qu’elle est enceinte.

Bartosz Konopa a longtemps reculé le moment d’écrire le scénario de ce film en relation avec sa vie privée et ce n’est qu’à la mort de son père, alors que sa femme attendait un bébé, qu’il a pu envisager d’écrire une histoire qui, si elle est étrangère au déroulement réel des faits, lui est voisine pour l’essentiel.

A la différence de Bartosz Konopa, Tomek va, alors qu’il est encore temps, à la rencontre de son père et vit avec lui un dernier épisode positif.

" Fear of falling" est en filigrane, le récit d’une culpabilité vécue, et dans la fiction, le parcours affectif d’un homme au moment d’entrer de plain-pied dans sa vie d’adulte.

La triple question posée est de savoir si un individu peut faire l’impasse sur un rapport enfant-parent, s’il peut accéder à l’accomplissement de soi quand il a fait l’impasse sur l’amour filial, s’il peut envisager une descendance, chargé de ce handicap affectif.

Tomek répond à cette question dans un premier temps de façon instinctive. Le père qu’il retrouve lui est doublement étranger. Il l’est devenu avec cette longue période où ils n’ont eu aucun contact. Il l’est également pas la transformation qui s’est opérée avec un glissement vers la folie qui l’a rendu méconnaissable.

Pourtant, à un premier élan vers lui en succéderont d’autres qui pourraient relever, dans un premier temps, du sens du devoir, mais qui, insensiblement, se changeront en véritable amour filial, en un attachement profond et nécessaire.

Tomek, dans la confusion de ses sentiments, va ressentir la nécessité d’aller plus avant ensemble, de vivre cet étrange amour jusqu’à cette escapade en montagne où le vieillard recouvrera, le temps de cette parenthèse complice, non seulement une étonnante agilité mais aussi toute sa lucidité.

Réhabilité en tant que père, il mourra dans la sérénité et le fils habité de cet amour assouvi, pourra s’assumer et envisager une vraie suite à sa vie.

"Fear of falling" repose essentiellement sur le personnage de Tomek. Marcin Dorocinski l’interprète avec autant de rigueur que d’émotion. Son jeu exprime à la fois sa solide détermination et la fragilité inhérente à cette période transitoire qu’il semble, à tout instant, vivre comme un quitte ou double.

Bartosz Konopa renouvelle, grâce à une grande justesse de ton et au plus près du ressenti personnel, un sujet déjà souvent traité.

Francis Dubois

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