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Un film de Daniel Burman (Argentine – Brésil)

"Felicidad" Sortie en salles le 29 octobre 2014.

En Argentine, la production cinématographique existe depuis quasiment la naissance du 7ème Art.

Elle fut particulièrement prospère dans la première moitié du vingtième siècle avant que les films américains ne viennent concurrencer le marché national.

Mais c’est surtout la dictature militaire entre 1976 et 1983 et la vague de censure inhérente au régime, qui ont porté un coup fatal à la fabrication de films dans le pays.

Cinéma : Felicidad

Le Nouveau Cinéma argentin qui a émergé à la fin des années 90 avec l’apparition de jeunes réalisateurs parmi lesquels s’est distingué Daniel Burman, travaillent sur des sujets qui sont le miroir de la société argentine contemporaine.

"Felicidad" n’est pas un film politique. C’est une comédie originale, à la fois drôle et mélancolique qui traire de sujets universels : l’amitié, la confiance mutuelle, la trahison…

Santiago et Eugenio, deux amis de très longue date dirigent ensemble un commerce d’articles ménagers florissant.

Leur collaboration professionnelle fait qu’ils ne se quittent quasiment jamais : leurs deux bureaux sont contigus, ils se rendent ensemble aux rendez-vous d’affaires comme ils fréquentent à deux les hippodromes dont ils sont friands et disputent, sur le même court, des matches de tennis.

Alors que Santiago croyait connaître parfaitement son ami et tout savoir sur sa vie, il se retrouve complètement démuni le jour où, à l’heure habituelle, Eugenio ne se présente pas au bureau et qu’il disparaît sans aucune explication.

L’absence de son ami et associé jette Santiago dans un grand désarroi.

Mais, un malheur n’arrivant jamais seul, il est confronté à Laura, l’épouse du disparu qu’il n’a jamais porté dans son cœur.

Celle-ci qui s’impose de plus en plus comme la nouvelle associée, veut vendre le commerce. Une décision à laquelle Santiago qui espère toujours le retour du disparu, s’oppose fermement.

Si la collaboration professionnelle de Santiago et Laura prend très vite une tournure houleuse, deux points cependant les rapprochent : l’attachement à Eugenio et le projet de lever le voile sur la mystérieuse disparition.

C’est en allant ensemble sur les traces du fugueur qu’ils finissent par s’apprivoiser l’un l’autre et finalement se rapprocher.

La trame narrative de " Felicidad" est simple et l’originalité du film repose sur la façon originale qu’a Daniel Burman de traiter un sujet attendu.

Le premier tiers du film traite de la complicité des deux amis dans ce qu’elle a de touchant et de cocasse (on pense aux "Marx Brothers")

Le deuxième joue sur l’affrontement de Santiago et Laura et sur le contraste de leurs personnalités.

La fin du film opère une vraie "bascule" narrative avec l’explication plausible de la disparition d’Eugenio. Tout à coup, la dominante de l’image se modifie et plonge le spectateur, avec une note onirique inattendue, dans un tout autre univers.

Eugenio serait-il allé vivre le grand amour avec celle dont Santiago et lui furent follement amoureux dans leur jeunesse ?

Voilà un film délibérément joyeux, efficace, pétri d’intelligence, qui pourrait convenir à tous ceux qui attendent du cinéma qu’il les amuse et les distraie.

Malheureusement pour la carrière du film, ne sont présents au générique ni le nom de Dany Boon, ni même celui de Sophie Marceau !

Francis Dubois

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