Actualité théâtrale

Chaque lundi jusqu’à la fin décembre au Théâtre Trévise

« Femme femme femme » Les divalala

Elles sont trois, devant un rideau de scène lamé argent, en robes moulantes noires à paillettes, perruque sur la tête, escarpins aux talons vertigineux. Dans ce décor disco, commence un voyage dans la chanson française, de Dalida à Souchon sans oublier Gainsbourg, Brigitte Fontaine, Léo Ferré et bien d’autres. Chantant a capella, avec parfois quelques instruments souvent bricolés, des verres, des tubes en plastique, des boîtes qui deviennent percussions, elles nous content avec beaucoup d’humour le parcours d’une femme, trompée, battue, larguée, mais qui refuse de céder et rebondit avec force et détermination.

Théâtre : Les divalala

À la fois comédiennes et chanteuses, elles s’emparent de chansons, en livrent des bribes, les emmêlent, sautent du coq à l’âne ou s’attachent au texte entier. Il faut ici saluer le talent de l’orchestrateur vocal, Raphaël Callandreau qui a concocté ces enchaînements extrêmement précis. Les chansons choisies font vivre la vie d’une femme, soutenue par ses amies. Le célèbre tube Voyage, voyage de Desireless devient irrésistible de drôlerie quand elles le délivrent dans un nuage de fumée de marijuana. On redécouvre Foule sentimentale (Alain Souchon), « il faut voir comme on nous parle… on nous prend dès qu’on est né pour des cons alors qu’on est des foules sentimentales assoiffées d’idéal ». Avec le temps de Léo Ferré est chanté avec un talent fou par l’une d’elle accompagnée par la voix des deux autres et l’on a les larmes aux yeux. Mais il n’est pas question de sombrer dans la mélancolie et, aussitôt après, elles dressent un autel à Herbert Léonard et son C’est beau une femme à 40 ans.

On avait déjà beaucoup aimé leur premier spectacle Chansons d’amour traficotées , mais celui-ci est encore plus abouti. Chanter a capella est un exercice difficile qu’elles réussissent avec brio. Leurs voix se font puissantes ou douces pour nous faire retrouver et écouter ces chansons, dont on était capable de fredonner quelques paroles sans trop y faire attention. Avec générosité elles nous font partager leur choix, passer du rire à l’émotion et on les écouterait jusqu’au petit matin.

Micheline Rousselet

Le lundi à 19h30

Théâtre Trévise

14 rue de Trévise, 75014 Paris

Réservations : 01 48 65 97 90 et sur www.srcspectacles.com

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