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Un film de Juan Solanas (Argentine-France-Uruguay)

« Femmes d’Argentine » Sortie en salles le 11 mars 2020 

En Argentine l’IVG est interdite et les femmes qui la pratiquent clandestinement peuvent encourir des peines de prison si elles sont dénoncées. Toute hospitalisation pour traiter les séquelles d’un avortement clandestin doit être signalé par les services hospitaliers.

Une situation qui creuse le fossé entre les couches sociales, entre les femmes qui ont les moyens de pratiquer l’IVG dans de bonnes conditions et celles qui, n’ayant pas les moyens de faire appel à des praticiens qui pratiquent des tarifs élevés (ils n’ont pas intérêt à ce que l’IVG soit autorisée) ont recours à des moyens dangereux qui débouchent souvent sur des infections mortelles.

En 2018, un collectif de femmes est créé pour obtenir l’accès autorisé à l’avortement, un projet qui est présenté pour la 7ème fois dans un contexte économique particulièrement tendu en Argentine où 36% de la population adulte et 48% des personnes mineures vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

A la Chambre des députés, un groupe réunissant des membres de différents partis politiques soutient le projet de loi favorable à l’autorisation de l’IVG.

Au cours d’un débat historique de vingt-quatre heures, le groupe parvient à le faire passer et à l’envoyer au Sénat qui le rejette.

Cinéma : Femmes d'Argentine

Si le droit à l’avortement est soutenu pas une grande partie de la population argentine, il a, à l’inverse, des opposants déterminés (Ce sont sans doute les mêmes qui défendent la peine de mort !) qui se manifestent sous la très forte influence de l’église.

« Femmes d’Argentine  » se présente en trois parties. Une série de portraits de femmes qui rendent compte de leur expérience toujours douloureuse, toujours risquée.

Des témoignages d’opposants à l’avortement assortis des films de leurs manifestations.

Les rassemblements impressionnants en nombre et en détermination de celles et ceux qui revendiquent la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse.

Juan Solanas a eu l’idée du film le matin où la chambre des députés a approuvé le projet de loi.

Trois jours après le Sénat rendait son verdict négatif.

Il a filmé les rues de Buenos Aires d’une camera objective sans forcer le trait. Il ne fallait pas que le film soit un pamphlet sans se départir de la vérité et prendre soin de ne pas caricaturer la partie adverse.

La parole n’est pas uniquement donnée aux femmes qui ont vécu l’épreuve d’avortements « sauvages », des séquelles qui ont débouché au mieux, mais rarement, sur des guérisons miraculeuses, le plus souvent des hospitalisations où elles ont connus l’indifférence ou le mépris des équipes médicales avec la menace d’une condamnation puisqu’elles sont considérées comme des criminelles.

La parole est également donnée à des opposants à l’adoption à la loi et les manifestations des anti-IVG ont leur place dans le film.

Le film démontre que les victimes du rejet de la loi sur la libération de l’IVG sont en grande majorité les femmes appartenant aux catégories sociales les plus défavorisées où les naissances ne sont pas contrôlées, où le chômage conduisant à la misère, l’insalubrité, fait vivre les familles dans une grande précarité.

Francis Dubois

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